Depuis deux albums la musique de AQME avait évoluée. Une maturité acquise où le chant et ses textes restaient à la traine, coincé dans un registre adolescent. Les textes de En L'Honneur de Jupiter prêtait à sourire et dans le cas de Tout le Monde Est Malheureux, on frisait même le ridicule.
Musicalement AQME nous pond un album plutôt honnête. Le groupe prend bien plus encore ses distances avec cette scène Néo-Metal française qui peine à survivre et à rester un minimum crédible. On ne peut que souligner cette évolution et surtout cette maturité amorcée déjà il y a quelques temps. Certains gimmicks de guitares renvoient d'ailleurs à l'auteur de la production.
Côté chant, le point faible restant de AQME depuis 2008, période où le groupe français s'est décomplexé et à commencer à durcir le ton, on note une relative évolution dans le bon sens. Thomas hurle plutôt que pleurnicher. Voilà qui fait un bien fou et qui accompagne pour un mieux ce durcissement. Dès lors, les textes deviennent un peu secondaires car moins perceptibles directement. Je vous parie que quelques adolescentes vont s'en plaindre. Au moins l'ensemble est maintenant au taquet. Comme on ne se refait pas aussi facilement, Thomas ne résiste pas à l'envie d'y aller à nouveau dans un style plus mélancolico-mélodique sur la plage titulaire, mais fort heureusement n'en abuse pas.
Autre preuve de ce durcissement et des distances avec la scène Néo-Métal, Stephane Buriez (LOUDBLAST) vient pousser la chansonnette en compagnie de Junior Rodriguez (DARKNESS DYNAMITE) sur My English Is Pretty Bad.
Le chanteur de AQME semble enfin avoir grandi. Epithete, Dominion, Epitaphe est le meilleur album à ce jour du groupe. L'album le plus cohérent, le moins calculé (entendez ciblé) et le plus costaud. Il aura fallu attendre 10 ans pour que AQME sorte du formatage ridicule et soit capable de proposer une musique sérieuse à la hauteur de musiciens aguerris.
Et c'est à ce moment que Thomas choisit de quitter le groupe. Si à l'annonce de son départ, les mauvaises langues pouvaient en dire que cela permettrait enfin au groupe d'évoluer complètement, l'écoute de ce disque laisse entrevoir une nouvelle hypothèse. En grandissant (enfin) Thomas a semble-t-il voulu se reconvertir. Parti pour se consacrer au tatouage, AQME n'était peut-être pour lui qu'un défouloir pour passer la crise de l'adolescence. Chanteur au final, n'était peut-être pas une profession suffisamment sérieuse pour quelqu'un qui entre dans l'âge adulte. Quoiqu'il en soit, à l'heure où AQME marquait un sérieux virage artistique, tout semble à nouveau compromis et il faut espérer que Vincent Peignart-Mancini (THE BUTCHER'S RODEO, NOSWAD) sera capable d'aller dans le même sens que le reste du groupe, qu'il pourra progressivement apporter sa patte au niveau AQME et qu'il nous fera oublier les mauvais travers vocaux des précédents albums.

AqME
Cult of Luna


