Reportage

Impericon Never Say Die Tour : Entre grosses claques et déceptions

Anvers (Kavka Zappa), le 13-11-2022

Lundi 21 novembre 2022



Fondé il y a maintenant 14 ans par le mastodonte du merchandising allemand Impericon, le Never Say Die Tour est devenu une tournée référence pour tous les fans de Metalcore et Deathcore. Chaque année, vous pouvez retrouver à l’affiche un cocktail mêlant aussi bien les groupes émergents à la mode comme les grosses pointures du moment. Après une édition 2020 annulée et celle de 2021 remaniée à la dernière minute à cause des mesures sanitaires (des dates seulement en Allemagne et en Suisse avec un line up 100 % européen comptant notamment Nasty
Nasty


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, Within Destruction
Within Destruction


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, Distant
Distant


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, etc.), il était enfin temps de revenir à une édition à la normale.

L’étape belge de la tournée s’amarrait à Anvers et plus précisément au Kavka Zappa, une salle habituée à voir passer ce genre d’affiche. Sachant que 7 groupes vont défiler les uns après les autres, la soirée débute sur les coups de 17h30. Un horaire qui aurait pu poser problème en semaine mais la chance étant avec nous, le concert tombe un dimanche.

Bref, les premiers à monter sur scène sont les Américains de Boundaries
Boundaries


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. Exécutant un Metalcore ravageur et violent, le groupe est là pour nous présenter son nouvel album fraîchement sorti un mois auparavant intitulé Burying Brightness. C’est justement sur l’incisive « Heaven’s Broken Heart » que le set débute. Durant les 30 minutes qu’ils leur sont alloués, Boundaries
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n’arrêtent pas d’enchainer les breakdowns plus dévastateurs les uns que les autres. Bien que le salle soit encore relativement vide, on retrouve 2-3 mosheurs déjà bien réveillés. Le chanteur, de son côté, est plutôt impressionnant et ses performances vocales sont identiques à ce qu’on peut entendre en version studio. Et ce n’est pas le seul à gueuler durant toute la représentation car le bassiste use de sa voix afin de chauffer les plus timides d’entre nous. D’autres titres comme « My Body is a Cage », « Burying Brightness » ou encore « I’d Rather Not Say » continuent d’écraser toutes les personnes présentes dans la salle. Je ne le sais pas encore mais je viens d’assister à la meilleure performance de la soirée et de loin ! Un show très efficace qui montre une fois encore que la nouvelle scène Metalcore a de beaux jours devant elle.

Après seulement quelques minutes de pause, Cabal
Cabal


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arrive sur scène. La formation danoise peut se vanter d’être la seule du jour issue du continent européen. Ce qui peut étonner à la vue de l’édition précédente. Bref, on change de registre avec cette fois-ci du Deathcore. A l’image du groupe précédent, les Danois viennent de paraitre, le mois dernier, une nouvelle galette nommée Magno Interitus. C’est justement afin d’en faire la promotion que le groupe amorce son concert par le titre éponyme. L’ambiance est un peu retombée bien que le frontman se donne à fond et essaye d’amener un peu de mouvement dans le pit qui est bien silencieux. Les lumières, tournées vers le rouge, apportent une atmosphère qui colle parfaitement avec la musique du groupe. La setlist, quant à elle, se concentre majoritairement vers le dernier album avec notamment « Violent Ends » et « Exsanguination » en point d’orgue. Une chouette prestation qui sera malheureusement vite oubliée.

Vous l’avez sans doute remarqué mais l’affiche est assez diversifiée dans le sens où on navigue dans les différents sous-genres qui constituent le Metalcore et le Deathcore. Dès lors, Invent, Animate
Invent, Animate


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va nous permettre d’écouter du Metalcore Progressif grâce à ses leads de guitare mélodiques et atmosphériques. Je dois bien avouer ne pas être un grand fan de leur musique. C’est pourquoi je vais avoir un peu de mal à rentrer dans la prestation. Et ce n’est pas le problème de micro du chanteur au début qui va m’aider. En effet, on l’entendait très mal mais heureusement, le désagrément est vite ajusté. Au niveau de la setlist, nous avons droit à la nouvelle chanson « Elysium ». Bien que les breaks dissimulés un peu par-ci par-là me réveillent, le concert m’a paru long, ce qui n’est pas bon signe. Je reste tout de même impressionné par le batteur dont le jeu technique est plaisant à observer. Un concert loin d’être mauvais mais qui ne m’aura pas convaincu.

La soirée se poursuit avec cette fois-ci les Américains de Spite
Spite


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et avant même que le show ne commence, le chanteur (Darius Tehrani) pousse des cris d’enragé en guise de préparation. Il semble complètement possédé et nous lance un regard de psychopathe annonciateur. En effet, durant 30 minutes, le groupe nous balance ses plus gros riffs et ses breakdowns à foison. Le public est en feu et bouge dans tous les sens. Le point fort des prestations live de la formation revient sans aucun doute à leur frontman qui n’arrête pas de sauter partout et d’avoir une attitude démoniaque du début à la fin. Toutes les chansons jouées ont des réactions de la foule mais ce sont tout de même les classiques comme « IED » ou « Killed or Be Killed » qui sont les plus acclamées. Ma seule petite déception étant qu’ils aient délaissé l’album The Root of All Evil (ils n’ont joué que le titre éponyme) afin de mettre en avant leur dernier bébé Dedication to Flesh. Un choix logique avec un temps de jeu si limité.

Pas le temps de respirer que Currents
Currents


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se lance sur la piste et vu l’engouement devant la scène, on voit directement que le groupe est attendu. Moi-même, je trépigne d’impatience de les voir. Malheureusement, le début est un peu compliqué. Déjà car je me suis déplacé du côté gauche de la scène (un placement que je ne réitérerai plus) donc je me retrouve dans un petit espace où il n’est pas simple de bouger. Ensuite car on entend très mal le chanteur. Fort heureusement, ce dernier problème est vite résolu et je peux profiter pleinement de la prestation. Le gros plus du concert est sans conteste sa setlist qui est juste parfaite. Entre le nouveau titre « The Death We Seek » et une myriade de morceaux venant de l’excellent album The Way It Ends. Je peux dire qu’on est servi. Que ce soit avec « A Flag to Wave », « Monsters » ou « Better Days », le public chante à tue-tête les paroles des refrains. Lors des premières secondes de « Kill the Ache », je commence à ressentir une certaine inquiétude car des gros larsens venant de la basse détruisent complètement la chanson. Ceux-ci sont, une fois encore, vite effacés. Bref, c’est durant la désormais classique « Apnea » que le fosse explose grâce notamment au break final chanté par l’entièreté de la salle. Un très bon concert composé d’une setlist redoutable mais qui a tout de même été un peu tâché par quelques petits problèmes techniques.

Nous arrivons enfin au plat de résistance avec la montée sur scène surprenante de Suicide Silence
Suicide Silence


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. J’aurai plutôt imaginé voir le groupe jouer la tête d’affiche principale ce soir mais il n’en sera rien. Auraient-ils perdu en popularité suite la sortie de deux albums moyens, pour ne pas dire mauvais ? Je n’ai pas la réponse mais quoiqu’il en soit, le public a l’air prêt à en découdre. Quoi de mieux alors pour ouvrir les hostilités que de balancer « Unanswered ». Directement, les fans sont à fond avec les premiers pogo. Le reste de la setlist est en mode best of avec notamment « Wake Up », « Disengage » (et son wall of death habituel) ou encore « Fuck Everything ». C’est qu’avec seulement 40 minutes de set, il vaut mieux aller droit au but et j’ai l’impression que les Américains l’ont très bien compris. Nouvel album en préparation, c’est naturellement que nous avons droit aux nouvelles chansons à l’image de « You Must Die » et « Capable of Violence ». Celles-ci reçoivent un très bon accueil et annoncent un bon album à venir. Eddie Hermida est en forme et n’hésite pas à répondre aux fans qui crient des bêtises durant tout le concert. Il appelle même « Billy » un fan au premier rang qui spoil à (presque) tout le monde le nom de la dernière chanson. Suicide Silence
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termine par la classique « You Only Live Once » avant de clore sur « No Pity For a Coward ». Un très bon choix qui ravi l’ensemble de la salle. Un concert qui, on peut le dire, est passé à une vitesse folle. Je suis moi-même surpris d’écrire cela après une prestation catastrophique au Graspop 2017. Suicide Silence
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reviendrait-il enfin sur la bon chemin ? C’est ce que je lui souhaite.

Dernière formation de cette longue liste : After The Burial
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. Évoluant dans un mélange entre du Metalcore et du Deathcore Progressif, je suis surtout là pour arracher mes cervicales sur les riffs Djent que propose le groupe. C’est dans une salle qui s’est vraisemblablement bien vidée que les musiciens se positionnent devant nous. La première partie du show est très plaisante avec ce jeu saccadé caractéristique du groupe. Aussi bien « In Flux », « Collapse » ou encore « Behold the Crown » amènent une bonne énergie dans le public. Après « Exit, Exist », le frontman prend la parole afin de nous parler du Covid-19 et l’impact que ça a eu sur le groupe mais aussi, et surtout, sur lui. Ainsi, il continue en nous parlant de la dépression et du soutien que lui a donné les autres membres du groupe. Un moment riche en émotion, mais qui aura duré un sacré paquet de temps, jusqu’à carrément plomber l’ambiance qui régnait jusque ici. Et ce n’est pas « Quicksand » qui va changer les choses. Les fans semblent désintéressés et moi-même, je ne suis plus dedans. Heureusement, tel un sauveur, « Lost in the Static » donne de sa puissance et de son efficacité afin de réveiller tout le monde. Malheureusement, le final sur « Mire » puis « A Wolf Amongst Ravens » fera tout retomber. Dommage de ne pas retrouver des plus vieux titres comme « Berzerker » et « Cursing Akhenaten » dans la setlist. De même qu'un mémorable « Laurentian Ghosts » qui aurait sans aucun doute enflammé toute la salle. Je reste donc mitigé sur cette prestation d’After the Burial
After the Burial


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qui est loin d’être mauvaise mais dont l’ambiance aura eu l’effet d’une montagne russe.

C’est ainsi que se termine une longue soirée embellie par les prestations de Boundaries
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et Suicide Silence
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mais qui aura souffert d’une certaine inconstance dans les performances des autres acteurs. Néanmoins, je vous donne déjà rendez-vous l’année prochaine pour la quinzième édition du Never Say Die Tour.
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AUTEUR : Maxime
Après avoir fait son stage de musicologie au sein du webzine, Maxime, fervent lecteur de chroniques, décide de prolonger l'aventure en rejoignant of...
Après avoir fait son stage de musicologie au sein du webzine, Maxime, fervent lecteur de chroniques, décide de prolonger l'aventure en rejoignant officiellement l'équipe en tant que rédacteur. Fan de breakdown et de pit bien énervé, il aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leur...
Après avoir fait son stage de musicologie au sein du webzine, Maxime, fervent lecteur de chroniques, décide de prolonger l'aventure en rejoignant officiellement l'équipe en tant que rédacteur. Fan de breakdown et de pit bien énervé, il aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes....
Après avoir fait son stage de musicologie au sein du webzine, Maxime, fervent lecteur de chroniques, décide de prolonger l'aventure en rejoignant officiellement l'équipe en tant que rédacteur. Fan de breakdown et de pit bien énervé, il aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes....
Après avoir fait son stage de musicologie au sein du webzine, Maxime, fervent lecteur de chroniques, décide de prolonger l'aventure en rejoignant officiellement l'équipe en tant que rédacteur. Fan de breakdown et de pit bien énervé, il aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes....

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