Les années qui vont suivre, lui donneront raison. En effet, au fil du temps, Distant a réussi à développer son Downtempo jusqu’à devenir la référence du style aux Pays-Bas. Aidé par la sortie de deux albums et quatre EP, le groupe peut, en plus, se targuer de connaitre un léger succès au sein de la scène. Une petite signature chez Century Media plus tard et les voilà prochainement partis aux États-Unis en support de Bodysnatcher et Angelmaker.
Ayant fait ses armes au sein de l’illustre Unique Leader Records, j’avais hâte d’entendre ce qu’allait donner la nouvelle version de Distant, étant maintenant dans la cour des grands. Et je dois bien avouer avoir eu un peu de mal lors de la première écoute d’Heritage. Non pas que les compositions soient mauvaises, loin de là, mais parce qu’il s’en dégage une certaine homogénéité et un sentiment de déjà-vu. Fort heureusement, c’est véritablement à travers des petites subtilités que le groupe fait apparaitre un éventail de nouvelles idées. Que ce soit via des petites touches électroniques ou encore quelques solos de guitare, Distant arrive à nous surprendre et nous prouver que son Deathcore est plus subtile qu’il n’y paraît.
Dès les premières secondes, on remarque directement que les Néerlandais ont opéré un changement au niveau du mixage. Celui-ci est bien plus lisse et compréhensible que par le passé mais pas de panique, les gros riffs pachydermiques sont toujours bel et bien présents. L’une des forces ayant fait la renommée de la formation est bien sûr : ses gros breakdowns étouffants. Ceux-ci sont toujours là, distillés avec parcimonie et ne donnent plus l’impression de vouloir faire plus lourd jusqu’à l’excès.
À l’image des albums précédents, nous retrouvons encore une ambiance inquiétante qui nous berce du début à la fin. Celle-ci fait davantage futuriste avec des plages de synthé et des beats qui matchent parfaitement avec l’imagerie robotique de l’artwork. Également, il y a une ribambelle de guests, notamment sur « Argent Justice » où ce n’est pas moins de 17 vocalistes différents (Suicide Silence, Emmure, Paleface, etc.) qui s’enchaînent les uns après les autres. On pourrait s’attendre à une surdose mais l’ensemble fonctionne très bien avec une diversité vocale remarquable pour le style. On est bien loin des Beyond Deviation 400 et Nylist 666 frisant l’indigestion avec leurs 400 et 666 chanteurs respectifs. Le groupe a aussi invité Will Ramos (Lorna Shore) sur le titre éponyme. Bien qu’il y ait des orchestrations symphoniques, le morceau peine à me convaincre et est bien loin de la virtuosité du groupe susnommé.
En somme, Heritage est un album qui s’apprécie au-fur-et-à-mesure des écoutes. Bien que sa première moitié soit plus constante et efficace, il reste un très bon cru. Distant montre qu’il est capable de faire évoluer sa musique en ajoutant des petites subtilités, tout en trouvant un juste milieu dans ce qui lui faisait défaut. Un groupe qui prouve que l’on peut compter sur lui à l’avenir.
Deathcore, Downtempo, Heritage, Centuty Media

Distant
Necrotted
Nexilva
Aborted
Bodysnatcher
AngelMaker

Paleface