Reportage

La Zone mise à sac par Mutiny On The Bounty, Thot, Solstice et Ilydaen

Liège (La Zone), le 12-04-2013

Mardi 16 avril 2013

Organiser un concert, c’est toujours des sentiments très partagés. En un seul jour il y a d’abord l’excitation d’enfin y être après toutes ces préparations, suivie de près par le stress : entre le déroulement de la soirée, le nombre de personnes présentes, le retard des groupes, les petits pépins de dernière minute, nombreuses sont les embûches à éviter pour que tout se déroule comme prévu. Ensuite, le soulagement lors de l’arrivée des groupes et la joie de revoir certains visages que l’on n’avait pas vus depuis pas mal de temps.

On revient sur le retard des groupes parce que ça, c’est inévitable. On peut faire ce qu’on veut, les groupes sont TOUJOURS en retard. Alors quand les groupes se partagent le matos (la batterie du groupe A, les box guitares du groupe B et le box basse du groupe C) et du coup dépendent l’un de l’autre, tenir un timing relève de l’impossible. C’est de nouveau le cas ce soir mais heureusement, comme on avait prévu une certaine marge (bin ouais, on l’avait vu venir ce coup-ci) tout était prêt et fin prêt (ou presque) lors de l’ouverture des portes à 20h. Caser 4 groupes entre 20h30 top-départ et 0h30 clap-final, c’est ambitieux et du coup les choses vont devoir s’enchaîner. Celui qui en pâtit le plus c’est le premier groupe, qui est souvent condamné à jouer devant une salle à moitié vide vu que le public se décide toujours à débarquer au concert une fois que celui-ci a déjà commencé depuis un plombe.



Et pourtant, dès 20h30 le public est déjà bien présent pour voir les post-rockeux de Ilydaen
Ilydaen


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, qui ont déjà foulé les scènes liégeoises plus d’une fois mais que le dernier album a vraiment révélés au public, aidé par des apparitions remarquées aux derniers Bear Rock Indoor ou Dunk! Festival. Le trio instrumental envoûte le public toujours plus nombreux avec son post-rock qui, soulignons-le une nouvelle fois, ne cède pas à la facilité avec la formule magique passage calme – explosion – passage calme – grosse explosion. Au contraire, ils jouent subtilement sur les intensités et les mélodies pour transmettre l’ambiance souhaitée. De l’avis de tous ceux qui ne les avaient pas vus depuis plusieurs mois, le progrès est impressionnant et les nouveaux morceaux sont vraiment au point. Et comme on le ressentait déjà sur album, les quelques voix déposées par le bassiste sur la musique de Tormented Stones apportent vraiment une autre dimension à leur univers. Espérons qu’Ilydaen
Ilydaen


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suive cette voie plus régulièrement à l’avenir, tout en gardant cette dominante instrumentale évidemment. Une belle découverte pour une partie du public et une confirmation pour l’autre partie.



Solstice, découverte de mon co-organisateur de ce soir (le collectif Bogeyman) lors d’un de ses récents concerts à Hannut, entame son set avec Sleeping Tides et d’emblée, m’impressionne par l’application presque exacte de leur EP sorti fin décembre. Les allergiques aux voix claires trop mélodiques ne tardent pas devant la scène alors que ceux qui acceptent de se laisser porter par l’emo / post-hardcore des Flamands ne le regrettent pas. Evoluant dans une veine à la Thrice
Thrice


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/ Saosin
Saosin


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et consorts, Solstice
Solstice


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ne surprend pas ceux qui connaissent le CD mais séduit les amateurs de ce style musical. La voix claire est terriblement juste et la présence scénique de tous les musiciens aide le public à rentrer dans le set. Les musiciens vivent réellement leur musique et transmettent avec beaucoup d’énergie leurs émotions au public.



Pas de temps à perdre dès la fin du set de Solstice
Solstice


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car Thot
Thot


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, c’est une grosse machine : double clavier, laptop pour les projections, guitare, basse et batterie. L’armada prend possession de la scène et, comme dans une partie de Tetris, tous les artistes imbriquent leur matériel sans même être compressés comme des sardines. Honte sur moi, même si j’organise ce concert je ne connais pas encore Thot
Thot


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sur scène et comme leurs sorties studio explorent des horizons très différents je ne sais pas encore à quoi m’attendre. De la subtilité, des ambiances, de l’émotion peut-être ? Haha. Non, c’est un gros mur de son qui s’abat sur ma gueule dès les premiers morceaux, dont leur dernier single Rhythm. Hope. Answers. Les morceaux s’enchaînent à un rythme effréné s sans jamais laisser placer à une seconde de silence. Seuls quelques samples déjà présents sur leur album Obscured By The Wind laissent respirer le public avant que le groupe n’envoie de nouveau son mélange indus – electro – rock furieux et puissant. C’est en laissant un public sonné et sur les genoux (pour ma part en tout cas) que les Bruxellois quittent et vident la scène. Une nouvelle fois, les retours sont très positifs de la part du public, dont une partie n’avait encore jamais vu le groupe. Voilà donc l’intérêt majeur de programmer des affiches variées : permettre au public de découvrir des groupes qu’il n’a pas l’occasion de croiser habituellement.



Ils le répètent eux-mêmes à chaque concert : entre Mutiny On The Bounty
Mutiny On The Bounty


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et Liège, c’est une histoire d’amour. Alors quand nous avons organisé un concert pour eux 6 mois jour pour jour avant celui-ci, nous savions que nous remettrions le couvert rapidement. Si l’accueil du public est toujours très enthousiaste, il n’a jamais été à la hauteur de l’énergie déployée par le public dès les premières notes de North Korea, qui ouvre leur dernier album Trials. Devant la scène, le son est impeccable, ce qui n’est apparemment pas le cas pour ceux qui font l’erreur de reculer pour assister au spectacle de plus loin. Les quelques premiers rangs dansent et chantent sur des morceaux incontournables comme Go Hide Your Neck (whooo !). Un batteur – chanteur c’est toujours impressionnant mais quand il maîtrise ses fûts comme Sacha ici présent et se permet de poser un chant impeccable dessus, c’est presque de la science-fiction. Depuis 2005 et ma découverte du groupe grâce au collectif Honest House, je l’ai toujours vu évoluer aussi bien musicalement que techniquement. Multi-instrumentalistes au départ (qui se souvient que le batteur et le guitariste échangeaient leurs instruments pendant quelques chansons ?) les musiciens se sont perfectionnés jusqu’à ce niveau où ils jouent des trucs impossibles et dansent comme des enragés en même temps. Et leur énergie est communicative, au vu de l’état d’hystérie collective dans lequel le public se plonge. Quand le groupe annonce que le concert est terminé, c’est absolument impossible pour le public qui les rappelle (et ne les aurait de toute manière pas laissé quitter la scène). Et ils nous gratifient d’un Call Me Cheesus suivi d’un Cruz Candelaria, qui seront à tout jamais indispensables à leur setlist. Le public explose. Des gars tombent sur scène dans les pieds de batterie. Je me prends à plusieurs reprises le bord de la scène dans les tibias, poussé par des mouvements de foules incontrôlables, dans un état de possession à 1000 lieues de ces pogos de village où on sautille en faisant bien attention de ne pas se prendre un coup. On voit des ombres de silhouettes danser de manière improbable, proche des danses vaudous. A la fin de Cruz Candelaria, personne ne rappelle. Personne n’en a la force. Par respect pour le groupe, on veut les laisser sur ce souvenir de la foule en délire, qui vient juste de donner ses dernières forces. On voit des gars se diriger, hagards, vers le bar, parfois en boîtant mais toujours avec un sourire énorme sur le visage. Sourire que partagent aussi les membres du groupe, qui, dès le lendemain du concert, ont confirmé nos impressions internes d’un Merci à tous pour cette super soirée, chaque concert est de plus en plus fou avec vous!.

Et la prochaine sera encore plus folle, on s'y engage !
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AUTEUR : Erik
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...

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