Enfin, il est là. Bien présenté, dans un digipack à 3 volets qui nous laisse découvrir toutes les paroles. C’est bizarre de si bien connaître les morceaux en n’ayant entendu que les versions live. Mais après les avoir vus une petite dizaine de fois avec ce nouveau set, de si bons morceaux rentrent très vite dans la tête. A tous niveaux, Mutiny On The Bounty s’est amélioré. Les voix que nous offrent 3 des 4 membres du groupe se succèdent, se distinguent les unes des autres et, bravo pour ce gageure, viennent renforcer des morceaux que nous avons pourtant découvert en version instrumentale après le départ de David. Les compos sonnent plus festives et en même temps laissent ressortir plus d’émotions. Toujours très math-rock (les structures sont globalement très complexes), avec un son très soigné qui nous laisse percevoir toutes les détails. Il faut dire qu’ils ont confié le mixage à Alan Douches (Converge, Mastodon, Dillinger Escape Plan...).
Mais surtout, le véritable cachet de cet album est le talent technique de ce groupe, principalement de leur guitariste de génie Luciano. Tantôt en avant tantôt en retrait, sa guitare se balade autour de la mélodie sans jamais s’y greffer ni s’en détacher. Ni ralentir d’ailleurs. Elle donne de la mélodie aux parties plus « agressives » et de l’énergie aux passages plus mélodiques. Ce son de guitare, devenu indispensable à mes oreilles, est un réel électron libre.
Le point d’orgue de cet album est à mon sens le morceau Cruz Candelaria, excellente piste 5 entièrement instrumentale où les Mutins se lâchent. Sacha, à la batterie, alterne contretemps et accélérations. La basse et la deuxième guitare ne sont pas en reste, ils ont d’ailleurs pu nous prouver leur talent en live.
Ce groupe, bien que génial sur disque, est avant tout à découvrir en live car ces gars font le show dans la bonne humeur avec une sympathie communicative. Lutch est concentré sur sa guitare (les fausses notes que je lui ai entendues se comptent sur les doigts d’une main) tandis que les 3 autres gars font la fête en musique, tout simplement.
Bref, un album très attendu qui n’a pas déçu. Un album alliant technicité et excellent sens de la mélodie et des émotions.
Malheureusement, ils ont annoncé il y a quelques semaines le départ du pourtant indispensable Luciano et lui cherchent d’ailleurs un remplaçant. Mais qui pourra succéder à un tel guitariste ? Dans un premier temps, ce sera Paul Bradshaw (Lafa Connected et ex-Treasure Chest) qui s’y collera. Le temps nous dira si Mutiny sera toujours Mutiny après ce coup dur pour le groupe !


Eternal Tango

Converge

