Reportage

Shining et Taake : Niklas et Hoest font le show

Esch-sur-Alzette (Kulturfabrik), le 08-12-2016

Samedi 10 décembre 2016



Moins d’un mois après cette autre affiche Black Metal façon grand crû (Inquisition et Rotting Christ), la Kulturfabrik de Esch accueille ce soir Shining et Taake. Deux groupes nordiques associés le temps d’une courte tournée prometteuse et cohérente, générant même quelques dates sold out par ci par là. Point d’écriteau « complet » ce soir à Esch, qui se mue néanmoins en point de rencontre des Blackeux du coin pour remplir relativement correctement (même si on a vu mieux) la salle en mode petite configuration.

Malheureusement, en raison de nombreuses contraintes perso, je rate Slegest qui ouvre cette tournée. Après un petit tour d’horizon et quelques retrouvailles fort sympathiques, j’attaque donc directement les choses sérieuses avec Taake, que je suis bien content de revoir quelques mois après un Thronefest qui ne m’avait pas permis de profiter à 100% du set des Norvégiens. Alors j’oublie rapidement le mixage un peu déséquilibré (le chant est trop mis en avant) et je profite d’un set plutôt jubilatoire qui permet de retrouver toutes les qualités de Taake : ces multiples leads et autres tremolos tout à fait trippant, et ce petit côté rock’n’roll qui habite la plupart des compos de Hoest, charismatique maître d’oeuvre de son groupe. La puissance mélodique de Taake fait son petit effet, que ce soit lors de ces intros typiques (Fra vadested til vaandesmed) ou quand il se montre intense et déchirant (Hordalands Doedskvad 3, exceptionnel morceau). Même s’il mérite peut-être de renouveller son stock de blagues (tel ce Allahu Akbar!) Hoest fait le show, tantôt invitant Lauri Hämäläinen (bassiste de Shining) au micro, tantôt prenant ses plus belles poses à base de bras croisés au-dessus de la tête ou de double fuck en guise de salut. Vraiment pas grand-chose à redire de ce set, qui inclut même Myr et son célèbre passage joué au banjo. Taake fait ce qu’il veut et le fait bien !



Les rumeurs laissent entendre que l’ami Niklas Kvarforth est bien dechaîné sur cette tournée, et connaissant sa réputation on sait que de toute façon on peut s’attendre à peu près à tout avec lui. Y compris à cette arrivée sur scène façon Guns N’ Roses qui précède un Hail Darkness Hail permettant de lancer des hostilités… explosives. Charismatique et expressif, Niklas attire tous les regards, alors que, clairement, il a su s’entourer de musiciens de qualité délivrant ce soir suffisamment de précision pour rendre honneur aux compos assez typiques de Shining... pour le meilleur et pour le pire. On retrouve en effet sur scène tous les côté de Shining qui ont tendance à m’agacer comme ces longueurs un peu inutiles et un certain manque d’efficacité, alors même que je reconnais aux Suédois de nombreuses qualités, surtout mélodiques (notamment les extraits de Halmstad), sans oublier quelques solos de toute beauté placés ça et là.



Quoi qu’il en soit, Niklas semble s’éclater, et ce, dans toutes les positions : tortillé au sol, debout aux abords du premier rang ou depuis le fond de scène, peu lui importe du moment qu’il peut jouer avec « son » public. Alors, si passé les quelques blagues (comme annoncer un titre de Dark Funeral comme la prochaine chanson) certains semblent s’effrayer du bonhomme (cf ce spectateur mis à contribution au micro mais apparemment peu enclin à la participation), d’autres au contraire rentrent dans son jeu et assurent une provocation de tous les instants : on s’amuse de ce « j’espère que c’est la dernière fois » quand Niklas affirme qu’il joue pour la première fois au Luxembourg, puis on se lasse de ces multiples références sexuelles et autres injures qui fusent de part et d’autre.

Mais l’ami Niklas est partageur et offre carrément un titre entier à son ami Hoest, apparemment l’un des rares à trouver grâce à ses yeux aux côtés de Watain. De quoi réveiller quelque peu une partie de l’assistance qui semble se lasser de ce set un peu décousu (le groupe semble à un moment vraiment hésiter quand à la prochaine chanson à jouer), jusqu’à faire quitter la salle à de nombreuses personnes apparemment venues pour Taake avant tout. Je finis d’ailleurs par les imiter, l’horaire assez avancé n’aidant pas vraiment à dissiper ma fatigue accumulée cette semaine.

Quel plaisir cela dit d’avoir pu profiter de cette affiche cohérente, proposant deux concerts assez atypiques ce soir à la Kufa, que l’on espère voir continuer à programmer du Metal extrême de cet acabit. En attendant de revoir Taake en festival cet été d’après les quelques informations qui circulent...

Remerciements à Herrade et à la Kulturfabrik
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