Proposant elle aussi un nouvel artwork (made in Paolo Girardi), cette réédition comporte évidemment les qualités de rapidité, de férocité auxquelles le groupe nous a habitué, et surtout ces riffs typiques. Sonique et magistral, l’album sonne et en impose dès son intro (Astral Path to Supreme Majesties). Command of the Dark Crown charge au galop tout en laissant de la place pour un Black vicieux et ampoulé après son motif d’ouverture. Les multiples changements de cadence à l’intérieur de cette même chanson démontrent un autre trait commun dans ce que le groupe aime à réussir à chaque sortie : ce désir d’utiliser la musique pour provoquer une réponse émotive chez qui l’entend.
Ainsi, Desolate Funeral Chant est devenu un véritable classique pour Inquisition, depuis ses guitares bourdonnantes et hypnotiques jusqu’à cette batterie méthodique en plein soutien des riffs et des croassements épais de Dagon. Le très sous-estimé Cosmic Invocation Rites, lui, mixe parfaitement différentes des qualités typiques de Inquisition, offrant en retour un rendu particulièrement féroce dominé par des riffs rapides et sévères, et une batterie mastodonte. Une brutalité sourde nuancée par un court interlude atmosphérique (Conjuration), qui permet d’amener une cassure efficace dans l’album.
Dans sa deuxième moitié, Ominous Doctrines of the Perpetual Mystical Macrocosm poursuit avec Black très agressif mais toujours empreint des caractéristiques typiques du groupe (Upon the Fire Winged Demon... ces riffs, cette batterie !). Le morceau titre, majestueux, tendrait à s’adjuger une pole position dans un album pourtant très homogène, quand Crepuscular Battle Hymn se caractérise par des vocaux épiques et des guitares épaisses, soufflant ces airs étranges propres au groupe.
Cet enchainement mène en fait à l’apogée épique que constitue Hymn for a Dead Star, pourtant pas forcément le morceau le plus mis en valeur lorsque cet album est évoqué. Enfin, Across the Abyss Ancient Horns Bray, conclusion idéale, accrocheuse et pétrie de puissance d’un album qui peinerait à baisser d’intensité.
Revisiter cet album c’est se rendre compte que la hype qui entoura Inquisition à l’époque était justifiée, bien que ce Ominous se contentait surtout d’asseoir une formule déjà élaborée sur les travaux précédents du groupe. Un groupe à l’aura toujours aussi mystique et sur le point d’emporter le monde entier dans sa tourmente.
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Inquisition