Reportage

Amenra : de mon âme à (presque) ton âme

Liège (Reflektor), le 22-03-2019

Dimanche 24 mars 2019

Suite au succès unanimement reconnu de leur dernier album, Mass VI, Amenra
Amenra


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poursuit son pèlerinage international des salles de concert. À la veille d’une tournée américaine en compagnie de Yob
Yob


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et Voivod
Voivod


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, les Courtraisiens ont fait une halte par la Cité ardente, au Reflektor. Annoncé sold-out depuis plusieurs mois, ce concert laissait présager d’être assez dense. Les prédictions se sont avérées justes.





Sur le fond de la scène est projetée une épaisse chaîne en métal, formant un triangle. Au bout de chaque angle, un hameçon. Plutôt atypique comme décor, à l’image du groupe qu’il représente. Every Stranger Looks Like You
Every Stranger Looks Like You


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vient de Brakel, en Flandre Orientale. Deux pieds de micro sont placés de part et d’autre de la stage, tournés non pas vers le public, mais bien vers la batterie. Les musiciens prennent position, reproduisant de par leur disposition le triangle se trouvant en background. Celles et ceux qui auraient vu Amenra
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l’année passée à l’Eden de Charleroi se souviendront peut-être du guitariste, Tim De Gieter, officiant dans la formation de dark electro Fär
Fär


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. Son groupe du jour, ESLLY pour les intimes, cogne par contre beaucoup plus sec. Dès le début du set, le ton est donné : c’est sans concession, brut de décoffrage et résolument anticonformiste. On baigne dans un mélange hybride de post hardcore, de sludge et accompagné de quelques relents teintés black metal. Tim est habité par ses compositions, chaque riff trempé dans l’acide le fait convulser de part en part. Il s’époumone derrière son épaisse chevelure blonde. Face à lui, Jan lui offre de temps à autre la réplique et Willem, encagoulé, endosse le rôle de chef d’orchestre derrière son kit de batterie. Une demi-heure d’un condensé de violence froide, chaotique et sans aucun emballage. Une baffe sur la nuque en guise de bienvenue.



Place au second invité de la soirée avec Daggers
Daggers


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. Enfin, invité, tout est relatif vu que les musiciens jouent ici sur leurs terres. La fosse s’est considérablement remplie, les Liégeois n’ont pas manqué d’emmener avec eux leur public. Ici aussi, ce serait peine perdue que d’essayer d’enfermer leurs sonorités dans un style particulier. Une forme de post hardcore saupoudré délicatement de punk et de crust, le tout cloitré dans une ambiance sombre et rentre-dedans. Mais malheureusement, il faut le reconnaître, le show proposé est fort linéaire. Gregory, avec sa chevelure bouclée lui couvrant le visage, ressemble à un Tahiti Bob, version Metal, qui crache de sa voix rauque et grave tout son dégoût sur la fosse. Effet voulu ou perte d’équilibre, il se retrouvera même à beugler parmi les premières lignes du public. Tout comme leurs prédécesseurs, le groupe profite d’une demi-heure de set, qui se clôturera de manière inattendue par un lent solo de guitare. Le vocaliste garder un œil attentif à son jeu, s’asseyant pour l’occasion sur un des retours posés sur l’avant de la scène. Un peu nonchalant, à l’image de la prestation donnée. Il est temps d’aller boire une bière.



Mieux vaut pourtant ne pas s’aventurer trop loin si on ne veut pas se voir relégué·e aux derniers rangs. Les corps se rapprochent, les coudes s’entrechoquent. Sur le fond de la salle apparaît un des logos d’Amenra
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, une sorte triskèle composé d’un enchevêtrement de trois pattes d’oiseaux. Les musiciens prennent place chacun à leur tour, le faciès fermé et englobé dans une bulle méditative avec leur instrument pour seul compagnon. Puis le vocaliste, Colin Van Eeckhout, arrive lentement sur scène, une barbe de plusieurs semaines lui mangeant le visage et drapé d’une espèce de toge noire, lui donnant un air monacal. La Messe peut débuter, avec une agréable surprise : par rapport au set carolo, la setlist semble remaniée. De Dodenakker, tiré de Mass IIII, ouvre la communion. Quelques personnes s’empressent de plonger la main dans leur poche, à la recherche de bouchons auditifs. En effet, ça joue fort. Si certain·es considèrent cela comme un inconvénient, le volume sonore élevé contribue pourtant à arriver un état de transe, bien connu lors des concerts du groupe. La proximité dans la fosse ne peut en outre que faciliter cette communion. Les corps se balancent à l’unisson, sur le rythme hypnotique des compositions. Il est de coutume qu’Amenra
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électrifie également la foule par des projections en noir et blanc, abstraites ou concrètes, décuplant la puissance suggestive des morceaux. Mais malheureusement, la taille plutôt exiguë du Reflektor ne permettait pas de savourer entièrement ces images titillant l’inconscient. Les édifices religieux sont souvent très hauts, appelant implicitement une connexion avec quelque chose de transcendant. Avec Amenra
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, c’est peut-être la même chose, le groupe étant désormais taillé pour jouer dans de plus grandes salles et bénéficier dès lors de l’espace nécessaire afin que ce lien au-delà de la musique puisse avoir pleinement lieu.



Les morceaux s’enchaînent, recueillant quelques applaudissements entre chaque titre. Le silence est pourtant généralement de rigueur pendant leurs shows, mais il semble que la tentation de leur témoigner de la gratitude était ici trop forte. Et ce, surtout lors des toutes premières notes de A Solitary Reign, particulièrement apprécié et tiré de leur dernier opus, Mass VI. Mais à l’exception du concert donné à l’Ancienne Belgique afin de présenter cet album, ce titre n’avait plus été interprété par la formation, invoquant quelques difficultés de pouvoir le jouer correctement en live. Force est de constater que, face à la pression, Amenra
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a fini par trouver un moyen de le proposer, pour le plus grand bonheur de toutes et tous.



C’est par l’incontournable Am Kreuz et l’apocalyptique Silver Needle. Golden Nail que le groupe clôturera son set. Ou plutôt son expérience, car les shows d’Amenra
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sont toujours davantage qu’un simple concert. Chaque prestation est unique et nécessite la rencontre de différents paramètres pour que la transmission au-delà des sons puisse prendre. C’est peut-être anecdotique, mais aussi révélateur, le vocaliste finit très souvent par se débarrasser des vêtements du haut de son corps, laissant apparaître cet énorme tatouage de potence inversée couvrant son dos. Ce n’a pas été le cas ce soir. Toutes les conditions n’étaient peut-être pas également réunies de son côté? Mais quoi qu’il en soit, les Courtraisiens ont une fois de plus marqué les âmes au fer noir. Il va falloir vivre avec à présent.

Setlist : De Dodenakker – Razoreater – Boden - Plus près de toi (Closer to You) – Diaken - A Solitary Reign - .Terziele.tottedood - Am Kreuz - Silver Needle. Golden Nail
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AUTEUR : Sekhorium
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près ...
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près de 20 ans. Privilégiant les sensations au détriment de la raison, il recherche sans arrêt de nouvelles formations qui viendront titiller les cinq sens. Si vous le croisez en concert, vous le trouve...
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près de 20 ans. Privilégiant les sensations au détriment de la raison, il recherche sans arrêt de nouvelles formations qui viendront titiller les cinq sens. Si vous le croisez en concert, vous le trouverez certainement dans la fosse, voire face aux barrières quand le show s'avèrera intense. Plus qu'un style musica...
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près de 20 ans. Privilégiant les sensations au détriment de la raison, il recherche sans arrêt de nouvelles formations qui viendront titiller les cinq sens. Si vous le croisez en concert, vous le trouverez certainement dans la fosse, voire face aux barrières quand le show s'avèrera intense. Plus qu'un style musical, le Metal est devenu est philosophie de vie....
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près de 20 ans. Privilégiant les sensations au détriment de la raison, il recherche sans arrêt de nouvelles formations qui viendront titiller les cinq sens. Si vous le croisez en concert, vous le trouverez certainement dans la fosse, voire face aux barrières quand le show s'avèrera intense. Plus qu'un style musical, le Metal est devenu est philosophie de vie....

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