Se connecter
Article 17-03-2018 par Isabelle 4 min de lecture

Entre deux concerts, on s’est tapé une expo photos sur les roadies

Il y a quelques jours, on vous parlait du bouquin « Les hommes de l’ombre » de la photographe Claire Allard . Eh bien, une trentaine de photos tirées de l’ouvrage (qui en compte 400) sont exposées actuellement près de Namur. L’occasion de découvrir quelques facettes en noir et blanc de ces hommes de l’ombre et aussi de discuter avec la photographe Claire Allard. De photo bien sûr mais aussi des artistes et des hommes, ces « bestioles difficile à comprendre ».



« Les hommes de l’ombre » c’est vingt ans passés sur les routes d’Europe, dans les coulisses. Des milliers de clichés. Pour y arriver, Claire Allard a dû trouver des productions, des techniciens, des artistes qui ont accepté d’être suivis par un photographe. Parfois, il a fallu faire un peu de forcing. Mais elle y est arrivée. Et le résultat est plutôt réussi. Ses clichés montrent ce qu’on ne voit jamais. L’envers du décor qu’on ne soupçonne pas. Des hommes et quelques femmes dont le travail et l’importance sont le plus souvent passés sous silence.

« La plupart du temps, explique Claire Allard, lors d’un festival ou d’un concert, je me mettais dans un coin pour observer les techniciens de spectacle. J’ai fini par comprendre les mouvements qu’ils allaient faire et à les anticiper. Je me déplaçais en fonction pour me mettre au bon endroit. Tout est question d’anticipation et d’observation.»
La photographe me confie être agoraphobe et ne pas apprécier se retrouver au milieu d’une foule dans un concert. Un comble !

Elle préfère photographier les hommes

Lors des premiers concerts qu’elle a couvert avec son appareil photo, elle était stressée pour ces hommes, ces régisseurs, ingénieurs du son, roadies, etc. Elle se souvient qu’elle avait envie de déposer son appareil photo et d’aller les aider. Elle se disait qu’ils ne seraient jamais prêts pour le début du show mais, c’est incroyable, ils ont toujours commencé à l’heure.

« J’ai beaucoup aimé faire ce travail et j’en suis satisfaite, poursuit Claire. J’aime regarder la lumière, réfléchir à mon image avant de faire la photo. Le cadrage et la composition de l’image sont essentiels pour moi. Photographier ce n’est pas que pousser sur un bouton c’est aussi physique et mental. C’était aussi une façon d’essayer de mieux comprendre les hommes que je trouve très compliqué. Mais je n’y suis pas arrivée (rires). Par contre, cela m’a permis de mieux m’accepter en tant que femme. »

Je préfère photographier les hommes. Quand j’étais jeune, je courrais dans les métiers à tisser parmi les ouvriers de mon père. J’ai été entourée de professeur masculin, d’étudiants masculins qui voulaient tous faire du nu féminin artistique. Cette mise en sexualité de l’image de la femme ne lui plaisait pas et elle a décidé de faire sa carrière en photographiant des hommes. À ses débuts, elle souhaitait couvrir l’armée, les métiers du bâtiment. Une rencontre l’a amenée sur les routes des techniciens du spectacle.

« L’appellation « statut d’artiste » m’énerve »

« L’appellation « statut d’artiste » m’énerve, ajoute Claire, car les techniciens n’arrivent plus à l’obtenir. En France, on parle d’intermittent. Si les gens qui sont sur ces photos n’étaient pas là, il n’y aurait plus de spectacle, plus de culture. »



À l’expo, j’ai aussi rencontré Michel, un des hommes de l’ombre qu’on retrouve en photo dans le livre. Je lui ai demandé ce qu’il pensait du travail de Claire.
« C’est touchant, je connais quasi tout le monde dans le livre. Ça me rappelle des souvenirs comme les tournées qui finissaient en java phénoménale. Ou cette jeune fille qui attendait après la fin d’un concert pour monter sur scène et qui a pleuré une fois que je l’ai aidée à monter. Avec certains artistes, on se bourrait la gueule au troquet du coin. »

L’expo a déjà tourné en France et est actuellement en Belgique pour la première fois. Les 18, 24 et 25 mars 2018 de 11h à 18h à Namur (Rue Ernest Moens, 57 à 5024 Namur).

À lire ensuite

Uriah Heep : un dernier tour de magie
Live report 28-10-2026

Uriah Heep : un dernier tour de magie

On a parfois tendance à les oublier mais Uriah Heep reste l’un des groupes précurseurs du Hard Rock et du Heavy. Formé en 1969 à l’époque des Led Zep’ et…

par Guillaume

Bourlon (Rock in Bourlon), le 28-06-2026
Photos 25-10-2026

REZN

Bourlon (Rock in Bourlon), le 28-06-2026 — 12 photos

par Nicolas Lambinet

Wolves in the Throne Room - Estuary
Chronique 24-10-2026

Wolves in the Throne Room - Estuary

Emmené par les frères Weaver, WOLVES IN THE THRONE ROOM s'est imposé comme l'une des formations majeures de la scène Black Metal américaine. Fondé en 2002 dans…

par Fred

Focus sur l'affiche des Nuits Eclectiques
Article 10-04-2025

Focus sur l'affiche des Nuits Eclectiques

La saison des festivals est lancée. Selon la tradition pascale aux portes de la Gaume, depuis le domaine du Bois-des-Isles le village de Marbehan (Habay)…

par Luc