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Article 01-07-2022 par Isabelle 4 min de lecture

« C’est peut-être justement mon inconscient que l’art permet de libérer. »

Océane Cornille est une artiste liégeoise, peintre, plasticienne et muraliste qui travaille sous le pseudo « whoups ».
Elle vient de terminer une fresque murale monumentale sur le thème de l’égalité des chances à Herstal.
Vous avez peut-être croisé également son travail dans le centre de Liège avec « La nageuse » ou au skatepark à Hasselt.
Nous avons discuté avec une artiste qui aime évoluer dans la culture alternative, un univers qui lui permet de sortir des sentiers battus et de se laisser surprendre.



Crédit photo : Elodie Grégoire

Bonjour Océane. Comment vas-tu ? Comment on se sent après réalisé une fresque monumentale comme celle de Herstal ?

Je vais très bien, merci! Joyeuse, vide, relax.
Lorsqu’un mur est ¬fini c’est un peu comme si je franchissais la ligne d’arrivée d’une longue course. C’est l’iceberg que les gens découvrent sans voir sa face cachée.

Comment passe-t-on d’une idée sur papier à un mur ?

Sur base du croquis et de la gamme de couleur, je fais des simulations sur building. J’ajuste les rendus, j’ établis un calcul de proportions et reproduis les formes une à une.

Ça parait monumental pour moi mais est-ce que ça l’est vraiment pour toi?

Je regarde toujours une surface comme une forme composée de volumes, de textures sans notion de taille. Pendant la création sur le terrain, je suis très concentrée sur la peinture et ses détails, morceau par morceau. Quand je ¬finis, ça me semble toujours petit.


Crédit photo : Elodie Grégoire

Peux-tu nous expliquer ton parcours artistique ?

J’ai étudié les arts graphiques à l’Ecole Supérieure des Arts de Saint-Luc. J’ai toujours adoré aborder différents supports. Pendant des années, j’ai expérimenté... de la robe de mariée, aux scénographies de festival, de l’impression à la création et vente d’objets, accessoires divers.
Ces dernières années, toutes ces facettes se sont assemblées. Mon amour pour la danse, les liens qui existent entre nous, la nature, le mouvement constant. J’aime m’exprimer sur des formats monumentaux qui permettent au corps de participer. Dans ma pratique, l’art est un immense terrain de jeux où j’explore et me diversifi¬e sans me fi¬xer aucune limites.

Etre un·e artiste, est-ce un parcours semé d’embuches ou est-ce que les choses évoluent au niveau de la reconnaissance ?

Des embûches... il y a eu oui! Certaines périodes ont été assez dures mais aussi très constructives. Les moments difficiles m’ont beaucoup appris et ont aussi nourrit mon travail. Depuis quelques années, je peux dire que je vie de mon art mais ce n’est pas pour autant que c’est acquis, je suis en constante recherches, évolutions, formations.


Crédit photo : Street Art Festival Belgium

Que te permet d’exprimer l’art que tu ne peux pas exprimer autrement ?

Pour être honnête, je n’ai pas toujours les clefs pour l’interpréter à l’instant présent. Mes lignes sont souvent très intuitives dans la création et c’est par¬ois longtemps après qu’à travers les éléments, symboles,... je suis capable de déchiffrer des intentions ou messages. C’est peut-être justement mon inconscient que l’art permet de libérer.

Que représente la culture alternative, pour toi ?

Depuis toute petite, j’ai toujours aimé ce qui sortait de l’ordinaire. J’observais et admirais les petites choses sans importance aux yeux des autres. L’art est partout et c’est ce qui m’anime. C’est aussi pour ça que j’aime la culture alternative.

« C’est un mouvement riche qui foisonne de créativité, qui permet d’être surpris et de trouver du génie là où on ne l’attendait pas. Cette catégorie sort des sentiers battus et pousse à sortir de sa zone de confort pour s’ouvrir à différentes formes et propositions en faisant preuve d’ouverture d’esprit. »

Cette culture va à la rencontre des gens, elle ne les attend pas dans un cadre définit. Elle plonge les «spectateurs» dans l’inconnu ce qui suscite souvent des réactions et des échanges très riches.

Quelles sont les forces et les faiblesses de la culture en Belgique?

On est un petit pays, on se rencontre facilement et en général on aime échanger avec les autres. Le point faible de la Belgique est que l’on est une multitude d’artistes dans les villes et que ça donne l’impression à certains qu’ils ne peuvent pas trouver leur propre place.

As-tu des projets dans les cartons ?

Oui, je suis sur un projet de fresque en Flandres pour la rentrée, une exposition dans la région liégeoise et des surprises pour l’année prochaine.

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