Forcément, on le devine, Exploding Head est lo-fi, garage, et bruyant, mais cette fois, le groupe n'a pas oublié les compositions et les mélodies. Reste que la première chose qu'on remarque, c'est ce joyeux bordel, la basse vrombit, la batterie cogne, et la guitare passe par des circuits électriques infernaux avant de ressortir et d'envahir insidieusement nos cerveaux. Ackermann utilise quelques plans classiques du shoegaze, comme la répétition de structures vocales simples (le refrain de It is Nothing) et y ajoute un soupçon de psyché (In Yr Heart). Comme évoqué plus tôt, les mélodies ne sont pas oubliées : Lost Feeling peut rappeler une groupe à l'attitude parfois similaire, The Raveonettes, alors que l'irrésistible Keep Slipping Away pourrait être un vieux Curedéconstruit par Kevin Shields. Deadbeat, quant à lui, est peut-être le sommet de l'album, avec une intro surfrock laissant place à une explosion sonore et lyrique ("What the fuck, don't play with my heart").
Rien n'est à jeter, mais il faut évidemment adhérer au concept particulier : chaque morceau est joué à coeur ouvert, les artères reliées à la pédale d'overdrive, et ça cogne généralement assez fort : leur réputation de "loudest New York band" ne doit pas être usurpée. Bien évidemment, le dernier morceau se termine par un traditionnel mur du son en référence à le section Holocauste des concerts de My Bloody Valentine, mais ce maelstrom de bruit n'arrive qu'après quelques minutes de pop rêveuse.
A Place To Bury Strangers a prouvé avec ce second album qu'ils pouvaient faire autre chose que leur "total sonic annihilation", mais restent néanmoins maîtres de leur jeu. Exploding Head, le bien nommé, est un exercice captivant et jamais excessif.
A Place to Bury Strangers
My Bloody Valentine