Deux des anciens membres du groupe, Raymond Herrera et Christian Olde Wolbers, remerciés sans même en avoir été avertis, se sont aussi chargés de colporter de nombreux messages du même accabit en intentant d'ailleurs au duo recomposé une action en justice...
Mais ceux qui criaient aux mercenaires risquent de se confondre en excuses et en explications alambiquées pour justifier leurs propos.
Certes, la configuration du line-up de Fear Factory n'est plus la même. Mais on serait tenté de s'en ...réjouir plutôt que de s'en offusquer.
En effet, en appelant Gene Hoglan (Death, Dark Angel, Testament, Strapping Young Lad, ...) derrière les fûts, et Lad Byron Stroud (Strapping Young Lad) à la basse, Burton et Dino ont tapé dans le mille.
Oubliés les errements du groupe opérés depuis le départ du guitariste légendaire après la sortie du très controversé Digimortal en 2001. Fear Factory sans Dino Cazarès, ce n'est, manifestement, plus Fear Factory. Et le bougre aura bien tout fait pour se dissocier du groupe en montant Divine Heresy, rien n'y fait: Dino Cazarès ne peut pas exister non plus sans Fear Factory.
Cette alchimie est perceptible tout au long de ce Mechanize, le nouvel album du groupe, appelé à devenir un incontournable du répertoire étendu des pères fondateurs du thrash industriel.
Car, n'en déplaisent aux deux pauvres éconduits que sont Raymond et Christian, Fear Factory est revenu à l'essence même de ce qui faisait de lui un pionnier de la scène metal. Ni plus, ni moins.
Il suffit de se laisser transporter par les riffs de l'incroyable "Fear Campaign" pour tirer le constat que notre bon gros Dino n'a rien perdu de sa dextérité sur le manche de sa gratte.
Ses riffs carrés, ciselés sont appuyés par des tempos de batterie dévastateurs de Gene Hoglan, véritable orfèvre en la matière.
Que dire aussi de "Powershifter", hit en puissance, appelé à devenir un des classiques du groupe.
Et Burton C. Bell dans tout cela me direz-vous? Son chant est-il toujours aussi burné qu'auparavant? A-t-il conservé la même rage qu'à ses débuts? Oui, oui et trois fois oui! Le chanteur blondinet alterne les passages clairs et gutturaux avec la même précision que naguère. Ecoutez "Designing The Enemy" et vous évaluerez rapidement toute l'étendue de son potentiel vocal resté intact malgré tout...
En fait, Mechanize s'inscrit d'emblée comme le digne et légitime successeur de ...Demanufacture. C'est dire si le groupe s'est remis en question après les dispensables Digimortal, Archetype et autre Transgression qui avaient offert un visage pathétique à Fear Factory.
"Slave To The Industry", titre d'ouverture de l'album, donne immédiatement le ton de la haine dévastatrice qui anime les quatre musiciens tout au long de leurs dix nouvelles compositions.
Car Burton n'a pas sa langue en poche et lorsqu'il faut dénoncer "ses" injustices, il n'y va pas par quatre chemins. Il crie à la conspiration pour les attentats du 11 septembre sur "Controlled Demolition" et prône la mort assistée sur "Final Exit".
Le groupe n'a rien perdu de sa connotation "industrielle" en utilisant avec parcimonie les effets électroniques sur "Metallic Division" et "Oxydizer", notamment.
Et quand on ajoutera que cet album a été co-produit avec Rhys Fulber (Paradise Lost, Front Line Assembly, ...) et mixé par Greg Reely (Tea Party, ...), on ne s'étonnera pas du gros son de cet album qui se placera, à coup sûr, parmi les meilleures livrées de l'année 2010... Oui, déjà...

Fear Factory



Paradise Lost
Front Line Assembly