Six ans après la sortie de "Circle Of Snakes", Glenn revient avec Deth Red Sabaoth, un album de 11 titres qui semblent défier le temps avec une certaine insolence.
On se souvient du hit légendaire "Mother" qui était parvenu à ébranler tous les standards du rock en étant même programmé dans la playlist de MTV. C'est tout dire... Malheureusement, ces bonnes intentions avaient disparu lorsque le bougre réalisa une coupe sombre dans son line up et opéra un virage à 180° avec des compositions plus "industrielles". Mais cette époque semble désormais bien révolue car Glenn a décidé de revenir à ses bases primaires.
En effet, comme vous pourrez le lire par ailleurs dans l'interview à venir, Glenn a volontairement délaissé tous les programmes informatiques virtuels pour délivrer un punk-rock-metal forgé dans les années seventies. Glenn a branché ses vieilles guitares sur des amplis à lampe pour retrouver cette authenticité sonore qui fait tant défaut dans l'ère du numérique...
Dès que l'on introduit la galette dans la platine, une atmosphère lourde et poussiéreuse vous prend à la gorge et même si "Hammer of the Gods", qui ouvre les hostilités, se révèle être un des titres les plus faibles de l'album, on se laisse emporter par ce voyage dans un autre temps.
"The Revengeful" rehausse quelque peu le débat et "Rebel Spirits" enclenche véritablement la machine de guerre avec ses sonorités et ses harmonies qui rappellent, par les hurlements de Glenn, la légende Jim Morrison.
"Black Candy" nous permet de poursuivre notre trip dans cette autre époque. Avec ses riffs aussi lourds que ceux de Iommi dans Black Sabbath, Danzig frappe juste là où il faut pour vous remémorer les essences du rock, voire du heavy metal.
Et même s'il manque quelque peu d'imagination en répétant inlassablement le même refrain basique sur "On a Wicked Night", Glenn rafraîchit un style qui a bercé tout ce qui peut porter le label rock aujourd'hui.
L'excellent "Ju Ju Bone" ne nous démentira certainement pas. Et on s'aperçoit même que Ian Astburry a certainement calqué sa manière de chanter sur celle de Glenn Danzig, actif depuis bien plus longtemps que le chanteur de The Cult.
"Night Star Hel", "Pyre of Souls" et son orchestration surprenante ainsi que "Left Hand Rise Above" se révèlent être de très bons titres même si leur efficacité est quelque peu occultée par les quatre titres qui les précèdent.
Alors, certes, Deth Red Sabaoth se révèle quelque peu inégal mais l'ensemble reste malgré tout cohérent car il offre cette même coloration musicale et ce relief inégalable. Il attisera l'envie de l'auditeur qui se donnera la peine d'écouter attentivement cet album, à revisiter la discographie de Glenn qui est aussi longue que le mur de Chine.
The Misfits
Black Sabbath