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Chronique 11-01-2011 par Julien 4 min de lecture

Boduf Songs — This alone above all else in spite of everything

BODUF SONGS marque ici son quatrième album. A la fois différent et dans la continuité du « Lion devours the sun » de 2006 qui était acoustique, calme à souhait et d'autant plus lent et contemplatif qu'il pouvait en endormir plus d'un. Par contre j'étais passé malencontreusement à coté du « How Shadows Chase the Balance » (2008). Il me faudra réparer cette erreur. Ce qui étonne, ou détonne dans cet album, c'est la présence de guitare électrique, de basse électrique et autres couches sonores électroniques énergiques sur certains titres créant par la même occasion un album tout en profondeur et variations.

L'album démarre avec un « Bought myself a cat o nine », titre lent, triste et mélancolique à souhait ou la voix feutrée et le piano prend tout le temps pour s'installer sur une approche minimaliste qui a fait recette déjà sur son « Lion Devours The Sun » . Superbement intimiste et d'une beauté fragile.

Avec « Decapitation blues », le début se fait feutré, nous offrant un début tout en joyeuseté éthérée avec un son électronica qui pourrait presque tendre vers l'étiquette dream pop. Puis tout bascule après 3 minutes de ce morceau, quelques accords de guitares électriques ajoutent une note épicée, ensuite la basse vient prendre sa place en développant sa masse sonore pour prendre un maximum de volume et donner un titre rythmé et puissant, contre-pied du morceau précédent. Bien sur on y trouve un peu de batterie, mais c'est essentiellement la basse qui donne la saveur de ce morceau.

« Absolutely null and utterly void » est le retour au minimalisme. Une voix feutrée en arrière-plan, loin dans le fond de la pièce, un buzz sonore et des sons qui se développent, et l'on retombe dans la musique folk acoustique minimaliste qui fait l'excellence de BODUF SONGS. Travaillant encore et toujours avec ce chant feutré, délicat et néanmoins emprunt d'une certaine chaleur.

« I have decided to pass through matter » débute une fois de plus avec un jeu de vagues sonores pour finalement arriver sur un superbe morceau acoustique ou le chant prend un aspect délicat et tout en variation, une saveur qui pourrait rappeler RADIOHEAD dans le cas de ce morceau.

« Green they were, and golden eyed » est un univers sonore sombre, presque indus, voyage au milieu dans une univers psychotique presque effrayant. Un morceau très court, instant angoissant avant de basculer vers un autre univers sonore.

« They get on slowly » nous ramène dans quelque chose de moins sombre que le précédent morceau. Un titre qui plonge dans une dream pop proche de SLOWDIVE, mais en plus noir je pense, ou plus introspective, car s'il reste une certaine mélancolie dans la musique de BODUF SONGS, elle n'en reste pas moins chaleureuse par la voix que l'on suit de bout en bout, guide sonore et inébranlable de cet univers sonore exceptionnel. Un morceau un peu plus électrique, parfois plus énervé, sorte de pic énergique, où la batterie impose son rythme entêtant pendant plus de 5 minutes.

Derrière ce titre à rallonge, « The giant umbilical cord that connects your brain to the centre of the universe », qui débute comme un morceau de drone se développe un morceau acoustique tout en délicatesse et beauté. Un morceau où la voix prend une fois de plus une place important, donnant la chaleur et l'identité de BODUF SONGS. Le jeu de guitare s'installe doucement, développant une rythmique entêtante, doucement et délicatement rejointe après 5 minutes par la basse, la guitare électrique et la batterie. Peut-être un des plus beaux titres de l'album aux consonances très esthétiques.

« I am going away and i am never coming back » est le dernier morceau et se développe dans un style proche du précédent. Un titre parfait pour fermer un album, un morceau en douceur et énergie qui nous remet gentiment sur le voie de monde réel, ouvrant nos yeux et éveillant nos sens à ce qui nous entoure. Point final merveilleux pour un excellent album!

Avec ce nouvel album, BODUF SONGS explore et conceptualise sa musique, développant les structures et les essais, créant un album qui se développe en douceur et en épaisseur, où les pièces s'enchaînent de bout en bout pour créer un album cohérent. Chaque morceau étant un chapitre dans un livre sonore que l'on se plaît à dévorer à chaque écoute, retour au plaisir esthétique d'un univers sonore délicat et sobrement travaillé. Un vrais bonheur!

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