Tout commence par une intro qui ne laisse aucune chance avant de voir martyriser le soupçon d’humanité qu’il restait avec Right Models qui suinte une urgence évacuée en moins de 2 minutes. River Jude, à peine plus long, ne se contente pas des miettes et il nous laisse en charpies. ULTRAPHALLUS est capable de morceaux courts, très courts même, où l’obscène et la démence boueuse trouvent toute leur démesure.
Sowberry Hagan compte également ces plages plus longues (Indians Love Rain, Golden Fame) rappelant les anciennes compositions du groupe. Le groupe dit être attiré par le bruit, et que ce soit dans les compositions ou les interludes, un travail de fond a été réalisé sur le sujet, contribuant à imposer la perversion sinistre qui ronge le mental de chacun. L’enchaînement Cinghiale - The Crumbled nous plonge au plus profond de la folie.
Sowberry Hagan s’écoute comme se regarde un film captivant. L’album nous absorbe dans une trame où les rebondissements, les moments de tension, les accalmies, les actions, le suspens et les frayeurs se succèdent, nous tenant en haleine jusqu’au final.
Et pour amorcer la conclusion de l’album, ULTRAPHALLUS a fait appel au possédé Eugène Robinson (OXBOW) qui s’est vu tailler sur mesure un titre glacial (The Red Print) tout aussi délirant que son interprétation.
Le nouvel album de ULTRAPHALLUS est incontestablement le meilleur du groupe. Un groupe qui vient de franchir un cap important dans l’expression de son univers. Homogène et à la fois puisant ses interprétations dans des sphères différentes comme le Sludge, le Doom, l’Indus ou la No Wave, Sowberry Hagan ouvre l’année 2011 dans le sublime.

Ultraphallus
Oxbow