Oubliez la pilule que vous ne digérez pas, parce qu’avec le troisième album de TRAP THEM, vous allez tellement dérouiller sévère, que cet incident ne sera plus qu’un mauvais souvenir très lointain.
Aidé par un gros son forgé des mains de Kurt Ballou (CONVERGE), Darker Handcraft fait pleuvoir les coups. Souffle coupé et terrassé, on ne peut que subir la brutalité et le déchaînement de la bande à Ryan Mckenney. Aucun répit n’est laissé et quand TRAP THEM ralentit le tempo (Evictionaries, Manic In The Grips) ce n’est pas pour souffler, mais bien pour laisser tomber sa frappe avec encore plus de lourdeur.
Avec tant de débauche, on pourrait croire le groupe est juste bon à tout casser. C’est sans compter sur Drag The Wounds Eternal, un peu avant la fin, qui est là pour nous signifier que TRAP THEM peut aussi asseoir son autorité et sa présence avec seulement de grands yeux ouverts et menaçants.
Face à tant férocité, la difficulté majeure est de ne pas se laisser aller aux simples extrêmes et de proposer suffisamment de variations pour ne pas lasser sans toutefois ramollir le contenu. TRAP THEM est passé maître dans l’exercice. Capable de jouer aussi vite et aussi fort qu’un groupe de Grindcore (Saintpeelers, Sovereign Though the Pines), les Américains conservent assez de Hard Core pour mettre en avant leur côté frontal. Les structures sont expéditives, mais plus accessibles que CONVERGE lorsque TRAP THEM s’amuse à complexifier ces dernières. On l’a vu, le groupe est aussi capable de calmer le jeu sans perdre un iota de violence autour d’une ambiance plus approfondie.
Darker Handcraft est un album de 31 minutes d’agression et de défouloir. Maîtrisé de A à Z, le troisième album de TRAP THEM est un véritable obus que l’on sent passer. Un pur bonheur masochiste, mais exemplaire !

Trap Them