Le disque ouvre avec Alterna, une plage de 8 grosses minutes, dronesque, qui tient plus de l'introduction longue, sans doute réalisée par Mathieu Vandekerckhove (SYNDROME). Vient ensuite Ruina.Where Men Go To Die, où les instruments (basse, batterie, guitare) s'expriment mais sans chant.
Avec un nom comme A Quiet, c'était presque téléphoné, la plage est à nouveau un long moment obscure aux atmosphères sombres et froides.
Enfin Rivers Rage libère le tourbillon. Le chant se fait démoniaque avant d'être monastique tandis que le rythme ralentit. Rivers Rage va alterner ces moments oppressants, presque Messiaen (pensez à la musique de Rosemary's Baby) et ces accalmies abbatiales avant de laisser place à Elude.
Elude sera un peu la sortie de Hemeltraan. Reprenant avec une forme plus cathartique Rivers Rage, KINGDOM nous emmène dans une folie désespérée.
Sans doute afin de se démarquer au maximum de son premier parent, AMEN RA, KINGDOM puise parmi ses autres géniteurs et compile de manière un peu trop éclatée et individualisée les inspirations de chacun. Pourtant à l'écoute de Rivers Rage et Elude, on peut se rendre vite compte que l'univers propre à KINGDOM s'est affiné et qu'il souffre de moins en moins de la comparaison.
Evidemment en tant qu'album, Hemeltraan laisse un goût de trop peu. Trop peu sous la forme mais aussi sur le fond car si on minimise les inspections introductives, il ne reste guère grand chose à se mettre sous la dent, en tant qu'album. Pourtant si on se concentre sur les deux dernières plages, qu'on se garde Ruina.Where Men Go To Die et qu'on raccourcisse soit Alterna soit A Quiet, en éliminant l'autre, on arrive progressivement à un EP cohérent qui parvient à illustrer, me semble-t-il, les facettes multiples de KINGDOM et qui gagne surtout en force et persuasion.

Kingdom

