Sortant des sentiers de notre plat pays défrichés déjà par des groupes tels que Kingdom, Amen Raou The Black Heart Rebellion, Grown Below produit une musique qu’on pourrait qualifier de post-métal métaphysique voir post-rock mais avec une touche qui les distingues des canons habituels du genre.
On pense notamment à The Ocean (l’album Precambrian), les belges de Musth, aux nordistes de General Lee et à Isis, même si la rythmique plus doom, débouchant sur un parfait mélange d’intensité et de silences bien dosés, œuvre avec plus de retenue.
Créé sur les cendres du groupe Timer, ce jeune quatuor anversois explore les profondeurs abyssales de nos consciences en produisant une musique pétrie de romantisme sombre et de mélancolie obscène.
Bien que limités, ces sept titres forment un album d’une durée de 67 minutes tout de même. The Long Now qui porte d’ailleurs bien son nom se compose de titres marathons, tels « Trojan Horses » (13:39), « End Of All Time » (13:29) et « The Long Now » (16:49) qui sont entrecoupés de morceaux atmosphériques et introductifs tel l’énigmatique « Minaco II – Nebula ».
Dans ces titres, Grown Below n’est nullement avare d’instrus, à l’image de « The Abyss » faisant la part belle aux violons et me rappelant le très gothique « The Angel and the Dark River » de My Dying Bride. On retrouve aussi un chant féminin venant doubler la voix growl du chanteur Matthijs Vanstaen qui utilise à la perfection l’étendue de son registre vocal, passant du chant clair au hardcore avec une facilité déconcertante.
Ainsi, Grown Below serait-il une sorte de groupe post-métal gothique à la sauce My Dying Bride ? Il y a un peu de cela et tant d’autres influences encore chez ce groupe récent qui ne demande qu’a grandir.
Clairement, The Long Now, est un premier essai bien équilibré, à la production intelligente qui ravira les fans d’un post-métal plutôt calme, favorable aux ambiances doomesques, gothiques voire sludge comme ils aiment à se décrire eux-mêmes.
Pour Grown Below, la lune brille au moins jusqu’à Moscou car l’album est publié sur le label russe Slow Burn Records.
Il y a effectivement dans The Long Now une touche rappelant la flamboyance et la mélancolie des décors des films d’Andreï Tarkovski.
Est-ce pour cela que les russes ont jeté leur dévolu sur le quatuor anversois ? En tout cas, ils ont bon goût !
Grown Below



The Ocean

General Lee
Isis
My Dying Bride