Étant amateur, en plus du bon vieux metal, de bizarreries sonores et de musiques industrielles, Whourkr est un peu pour moi un coup de cœur depuis leurs débuts.
Whourkr c'est d'abord le français Igorrr, auteur de quelques albums solo d'une sorte de breakcore allumé, dopé à la musique baroque et au death metal, que certains amateurs de musiques expérimentales doivent connaître. Sur cet album, il est épaulé par -i snor, œuvrant dans la musique electro expérimentale. Et quand 2 gars comme ça, qui semblent n'avoir aucune limite créative, décident de créer un groupe de metal, ça ne peut que donner quelque chose d'improbable.
Là où "Naät" (2007), leur premier album, posait les bases d'une sorte de grind/death metal dopé aux expérimentations diverses et variées, "Concrete" (2008), leur second album auto-produit nous montre un Whourkr qui maîtrise plus que jamais son sujet. Beaucoup de groupes ont tenté l'expérience de la mixture entre electro, indus et metal extrême, citons par exemple des cas comme Agoraphobic Nosebleed, The Amenta, The Berzerker et Morbid Angel dernièrement. Mais Whourkr, ça dépasse l'entendement ! On assiste dès le premier morceau à un déluge de grind/death metal sous acides aux rythmiques insensées. Du metal brutal mixé avec les genres les plus hard de la musique électronique (hardcore, harsh, rythmic noise, industrial, etc...). Des effets obtenus principalement en distordant et en travaillant des sons d'instruments dit classiques (guitares, batteries,...), des voix et en utilisant quelque samples. On retrouve également des passages classiques plus calmes au piano ou au synthétiseur au plein milieu d'un vacarme hallucinant. 2-3 plages de cet album sont d'ailleurs entièrement composées en acoustique, histoire sans doute, de donner un peu de répit et de permettre à l'auditeur d'éponger ses oreilles en sang, entre 2 agressions auditives. Sous tout cet attirail bruitiste, déstructuré et glacial au possible, on distingue donc un metal rappelant les vieux Fear Factory (époque "Soul of a New Machine") et, comme dit plus haut, du death metal lourd, parfois grindcore, surtout dans la voix éructée tout au long des 14 titres de "Concrete".
Un album de metal totalement atypique qui en déconcertera plus d'un, même les plus courageux d'entre nous, mais qui vaut la peine d'être écouté, ne serait-ce que pour la découverte. Par contre, les gens avides d'expérimentations en tout genre, c'est un voyage sonore que vous ne devriez manquer sous aucun prétexte !