Les hollandais de Heidevolk ne sont pas des inconnus de la scène pagan/folk metal européenne, dans laquelle ils évoluent depuis 10 ans maintenant et ont partagé pas mal d'affiches et de festivals. Ils ont été remarqués par le grand
Napalm Records
après leur premier album "De Strijdlust is Geboren" (2005) et le EP "Wodan Heerst" (2007), autoproduits tous les 2. Bon, il faut avouer que c'est un pur produit de l'écurie autrichienne, surtout à une époque où le folk/pagan/heathen/viking machin chose avait le vent en poupe (Finntroll, Korpiklaani, Turisas,...). Ils ont donc, par la même occasion, vu leurs 2 premiers jets réédités sur un seul CD en même temps que la sortie de l'album "Walhalla Wacht" (2008).
Heidevolk fait du pagan metal à tendance viking/folk, mais totalement apolitique, petite précision à laquelle, visiblement, tient le groupe. Les propos de nos voisins du nord sont uniquement à la gloire de la nature, de l'histoire de leur région et à la mythologie germanique (en même temps, dans le pagan, on parlerait de quoi d'autre ?).
Mais ici, point d'instruments folk utilisés à foison dans la musique, contrairement à ce qui se fait généralement, à part quelques incursions de violon et de mandoline, dont sur l'instrumental "Veleda". C'est donc le combo guitares/basse/batterie qui règne en maître chez Heidevolk. Ca donne une sorte de bon gros metal bien burné, porté par le duo vocal Joris den Boghtdrincker et Mark Splintervuyscht (merci la fonction copier/coller). Ce sont les guitares mélodiques qui assurent la dimension folklorique du son de Heidevolk. Le tempo est majoritairement moyen, sauf peut-être sur "Het Verbond Met Rome", le 3ème titre, où l'ont voit poindre quelques blast-beat ou sur "Als De Dood Weer Naar Ons Lacht", où Heidevolk accélère un peu la cadence. Aucune trace d'agression sonore ou de voix d'écorchés style black metal. On ne peut d'ailleurs pas à proprement parler de metal extrême. Pas de rythme à danser la gigue avec choppe d'une main et une donzelle de l'autre, non plus, donc. Ça n'a jamais été le cas chez eux de toute façon. Juste des cavalcades guerrières aux riffs bien heavy metal et ces voix claires viriles, typiquement viking. En parlant des voix, Joris et Mark s'expriment depuis les débuts du groupe en néérlandais. Ça peut être un peu déroutant au départ pour certains, mais ça contribue largement à l'immersion dans l'univers déployé par la formation batave. Après tout, l'usage de la langue maternelle dans le milieu pagan fait aussi partie des codes.
"Batavi" est le 4ème album de Heidevolk. Il reste dans la lignée de ce qu'ils ont fait précédemment, c'est-à-dire de l'excellent et puissant pagan/folk (heavy) metal, peut-être plus sombre qu'auparavant mais terriblement accrocheur. Finalement, après quelques années, la mode folk metal chère à
Napalm Records
, notamment, s'est un peu calmée et ce sont principalement les meilleurs qui sont restés. Heidevolk fait partie de ceux-là.