La formation propose une sorte de post-rock, aux guitares salement saturées, s’aventurant par à-coups dans des sphères plus hardcore, sans pour autant s'y installer. Le premier rôle est donné avant tout au chant en français, principal fil conducteur d’une marche funèbre lente et nonchalante.
Perso, ces Voix Blanches font preuve d’un certain romantisme. Je fais ici référence au courant artistique du début du 19ème ayant pour but d’explorer, à la première personne, les tourments de l’âme et l’exaltation des émotions.
Il y a effectivement chez Cathedraal cette volonté d’hurler à la face du monde les recoins les plus obscurs de l’âme par la musique. Une émotion exacerbée, presque vomie, profondément morbide, à la base d’une cathédrale de dégoût.
Cette vision relativement sombre, dépressive et macabre est véhiculée par des râles oscillant entre hardcore, chant clair et spoken word. Des voix blanches qui, à l’écoute des 10 titres de cette première galette, se révèlent plus noires que jamais.
Même si l’album touche parfois quelques sommets avec les très réussis « Dieu ne croit plus en nous » ou « En Crimée » , il s’égare parfois comme avec le -très- pompeux « Je l’aimais encore », me rappelant un Patrick Bruel de triste mémoire.
Bref, fait de hauts et de bas, cet album n’est nullement à bannir mais gagne en efficacité avec des compositions faisant preuve d’une plus grande brutalité.
Cathedral
Cathedraal