Comme une résurrection, par surprise donc, KEHLVIN resurgit en 2012 avec ce nouvel album The Orchard Of Forking Paths, tout aussi déroutant. J'attendais ce retour pour la délicatesse que le groupe allait pouvoir apporter à son Post-Hard-Core et c'est avec violence que ce dernier revient. Lorgnant plus vers une scène Sludge et Progressive dans son Hard-Core, c'est de manière assez frontale et froide que l'album va percuter les oreilles.
Forgé d'un moule avec la complicité de Julien Fehlmann (UNFOLD, DIRGE, YOG ou encore THE OCEAN), KEHLVIN a pris des distances avec ses premiers amours. Loin des passages élaborés pour instaurer une ambiance aérée, les Suisses s'engouffrent dans une unique atmosphère sombre et sauvage. C'est sur ce point d'ailleurs que KEHLVIN, dont on attendait peut-être trop avec le temps, déçoit quelque peu. Stagnant dans cette ambiance noire, le groupe use sans doute avec excès la corde sur laquelle il se balance. Même si l'album se veut et est dynamique, au fil des titres, the Orchad Of Forking Paths oublie de nous surprendre.
Interprété sans faute, l'album de KEHLVIN a délaissé certaines émotions qui lui allaient si bien comme la fragilité. Cette nouvelle orientation musicale, prolongement quand même des débuts du groupe, a perdu de son humanité. Une froideur qui lui sied bien, mais qui a besoin de quelques bouées d'oxygène. Et c'est sans doute parce que par le passé, KEHLVIN a su se montrer capable de lâcher la pression avec brio, que la déception apparaît plus flagrante à l'écoute de cet album pourtant appréciable sur le fond.

Kehlvin
Cult of Luna
Isis
Dirge
The Ocean