Apprendre à connaître voire à juger une formation sur un premier album ce n’est jamais une chose aisée pourtant, quand j’ai commencé l’écoute de ce premier opus, j’ai eu comme une révélation, comme si je connaissais ce groupe depuis longtemps déjà et qu’ils revenaient pour me surprendre une fois de plus. Et cette voix, si puissante et profonde qui me semble pourtant familière… Tout s’accorde avec merveille, chaque membre trouve sa place et est mis en avant plusieurs fois tout au long de l’album ; ça peut sembler anodin de dire ça mais ce n’est pas dans tous les groupes que l’on retrouve cette caractéristique !
Ce qui prend aux tripes, c’est la manière qu’ont ces gars de faire monter la puissance assez progressivement comme, par exemple, sur « Soul preachers ». Le schéma chant seul suivi d’un passage guitare et/ou basse seule(s) qui précèdent l’entrée bien pêchue de la batterie qui se rajoute donc au tout donne aussi un aspect plus mystérieux, sombre aux chansons qui en sont les (heureuses) victimes telle « Stoka ». Ils ont également eu la très bonne idée d’intégrer un synthé en fond pour un son qui en rajoute un peu plus en profondeur, comme pour aggraver le ton ainsi que des chœurs qui ont une place parfaite et indispensable.
Les effets sont très nombreux aussi pour la guitare et je n’invente pas ils disent eux-mêmes « Tazieff est un groupe à pédales » ! L’archet se trouve aussi être utilisé tout comme le faisait le grand Jimmy Page sur Dazed and confused, qui aurait cru qu’un jour quelqu’un oserait retenter l’expérience ??
Bref, s’il faut conclure cette chronique, je dirais simplement que ce jeune groupe débarque en force avec ce premier album. Gilles, Romain, Christophe et Dan (retenez bien leurs prénoms) signent ici quelque chose d’absolument bon, puissant et captivant. Ils allient émotion et obscurité avec beaucoup de talent en 10 titres qui passent à une vitesse folle. A quand un concert en Belgique pour confirmer cette ingéniosité ? Je termine ici sur une de leurs phrases : « au final pour nous aussi la musique, c’est pas juste de la musique. Mais disons qu’on essaie de ne pas perdre de vue l’essentiel : la musique ».
Tazieff Multiply