Les yeux s'ouvrent plus vite que prévu, de même, les organes s'emballent sous l'afflux sanguin précoce pour le seau qui remplace ma tête. Les veines de mes tempes ont doublé leur volume depuis que le son parvient à moi. Il réussit son coup, le son, perce mes tympans et s'empare de mes neurones.
Le rappel. Ne pas oublier. Rien ne dure. La temp-être s'évapore doucement pour nous envelopper là où elle nous avait arraché. Elle laisse les images se façonner, d'un reflet, d'une idée, sans trop en dévoiler pour nous les retirer l'instant d'après.
L'angoisse du réveil égaré s'est dissipée. Il va falloir marcher. Au pas. Surtout pour suivre The March dans son espace où tout est distorsionné. Lui, le temps, le rythme, les voix, les cris. C'est une marche dans le noir. Inquiétante. Envoutante. C'est un voyage de trente minutes, plein de suie dans les orbites, de charbon dans les dents, de terrils dans les oreilles. Et de mines dans le crane. La barre.
Sur la durée, le sang devient anthracite. The March veut nous fossiliser dès qu'il laisse un souffle, mais assèche les fouilles le moment suivant. Déroutant. Déroutante découverte. Alors qu'on est un de ces matins qui donne plutôt l'impression d'un soir. Une découverte qui me remémore celle de Revok et de son Biocarbon Amalgamate.
Du bitume plein les oreilles, y'a plus qu'à allumer en allant directement les écouter puisque Crawl Space est disponible en entier (et en téléchargement libre aussi) ICI : http://themarch.bandcamp.com
Vous souhaitant un bon coup de grisou, je vous laisse dans le gaz. Le même qui m'entoure depuis que j'ai appris : The March a lâché l'extraction. Leur mine a fermé. Ne reste en main que le disque compacté, indispensable phosphorescence si on veut voir dans le noir. Déroutante découverte, un rien trop tard. Bonne route Messieurs et merci !
post-hardcore

Revok