Interview

STORY OF THE YEAR

À ce jour, l'un de mes concerts préférés de tous les temps reste Groezrock 2008


Jeudi 12 février 2026


Credits : Ryan Philips

Demain, vendredi 13 février, le groupe de punk rock américain Story of the Year sort son nouvel album, A.R.S.O.N. L'occasion pour nous de discuter avec Ryan, le guitariste, sur cette nouvelle ère qui s'est ouverte depuis quelques années.

« Disconnected » est le deuxième extrait dévoilé pour annoncer votre album, après « Gasoline (All Rage Still Only Numb) », sorti il ??y a deux mois. On ressent déjà une rage sans concession dans ces deux titres, le tout teinté d'humour, notamment dans le clip de « Gasoline ». « A.R.S.O.N. » est-il une soupape de sécurité ? Une occasion d'évacuer toutes vos frustrations ?

Ryan (guitariste) : Je pense que cette sélection de chansons est marquée par un thème récurrent : la frustration en général, qu'elle provienne d'événements de nos vies ou de l'actualité culturelle. Les chansons sont venues naturellement. Quand le processus créatif est fluide, on prend conscience d'émotions ou de petits traumatismes enfouis, même inconsciemment, et tout cela ne demande qu'à s'exprimer. Je trouve cela même plutôt sain, malgré la tonalité parfois plus sombre.

« Gasoline » évoque la montée vers un point de rupture et ses conséquences. La seule issue serait la destruction pour ensuite tout reconstruire. Êtes-vous d'accord ? Est-ce inévitable ?

« Gasoline » parle essentiellement d'un sentiment d'être submergé, d'être tellement à bout que l'on dit merde à tout, et que l'on se sent revivre dans l'insouciance de la situation. Il s'agit en fait de faire exploser son monde personnel pour pouvoir recommencer à zéro. Quant à savoir si c'est inévitable, oui, je pense que le changement, même s'il s'agit d'une sorte de révolution spirituelle et qu'il ne concerne qu'une seule personne, peut impliquer de faire la paix avec ses démons et de laisser mourir certaines parties de son passé. En tout cas, il s'agit d'accepter la situation et d'apprendre à aller de l'avant.

Concernant « Disconnected », Ryan explique qu'il travaillait sur ce riff pour un projet solo ; qu'est-ce qui vous a tant marqué dans ce riff au point de décider d'en faire l'essence même de votre chanson ?

Quand j'ai montré à Colin (le producteur) ma démo originale de « Disconnected », il a tout aimé sauf le riff principal, et m'a suggéré d'en écrire un nouveau. Colin partage ma passion pour la composition et la créativité, alors j'étais vraiment ravi de lui montrer une partie de la musique que j'écrivais pour moi. Quand il a entendu ce riff de guitare avec vibrato dans une de mes chansons, il a adoré. Il voulait l'utiliser pour Disconnected, car aucun autre groupe de notre genre ne jouait de riffs comme ça. Alors, on l'a fait. Colin a un instinct incroyable, alors je lui ai fait entièrement confiance. Il avait raison !



Ce désir de guérir, sans savoir comment s'y prendre, semble revenir souvent dans vos chansons. Ce questionnement intérieur vous a-t-il accompagné toutes ces années ? A-t-il évolué ? Comment ?

Je pense que lorsqu'on s'autorise à être vulnérable pendant une séance d'écriture et qu'on est ouvert à tout ce qui peut sortir, ce sont souvent nos plus grandes difficultés qui remontent à la surface. C'est comme si notre système nerveux avait la permission de se purger. On est une bande de gars un peu fous du Missouri, mais chacun a ses problèmes, et notre musique nous permet de canaliser ces émotions. Pour moi, le plus grand défi dans la vie est de quitter mes enfants pendant des semaines, voire des mois. C'est pourquoi j'écris instinctivement sur ce sujet. Nous avons tous nos propres démons, surtout maintenant que nous sommes plus âgés, avec des enfants et toutes les responsabilités qui en découlent, notamment celle de subvenir aux besoins d'une famille et de ne pas tout gâcher.

D'un point de vue purement musical, votre ADN emo des débuts est toujours présent, mais votre style a considérablement évolué, devenant plus brut, plus direct. Il y a plus de rage (le titre de l'album est d'ailleurs explicite). Est-ce le signe d'une perte d'insouciance, d'une conscience plus profonde ? Est-ce cela, vieillir, individuellement et en tant que groupe ?

Je pense que chaque fois que Dan chante ou crie, on a l'impression d'écouter « Story of the Year », peu importe la musique. C'est formidable, mais nous cherchons constamment à évoluer et à repousser nos limites. Et je pense que c'est surtout révélateur de notre insouciance. Nous ne suivons pas les tendances et nous n'essayons pas de deviner ce que nos fans ou les programmateurs radio veulent entendre. Nous faisons la musique que nous avons envie d'écouter, et nous ne forçons plus rien. Je pense que c'est le véritable cadeau de l'âge en tant que musicien ; on apprend à ne plus se mettre des bâtons dans les roues et à laisser sortir ce qui veut sortir.

Cette évolution a-t-elle fait l'objet de discussions ou s'est-elle produite naturellement au sein du groupe ?

Oui, comme je le disais, notre groupe est devenu beaucoup plus amusant et les choses ont repris leur essor quand on a arrêté de forcer les idées et qu'on les a laissées venir naturellement. On a cessé de vouloir rivaliser avec notre passé et on a renoué avec le plaisir d'être créatifs au lieu d'être aussi analytiques. On est devenus bien meilleurs en n'étant plus tourmenté par chaque note ou parole et en laissant l'inspiration venir naturellement. Le seul objectif est d'écrire une chanson captivante, quelle que soit sa forme.

À quelques semaines de la sortie d'A.R.S.O.N, quel est votre état d'esprit ?

Je suis super excité ! J'ai passé environ deux ans à composer pour cet album. Plus de 70 chansons. Être en studio et créer des chansons est de loin ce que je préfère dans mon métier, et c'est vraiment génial de pouvoir enfin les partager avec d'autres personnes.



Vous semblez avoir repris le rythme, que ce soit pour les tournées ou les albums. Comment vous sentez-vous aujourd'hui ? Avez-vous l'impression que l'esprit de Story of the Year est plus fort que jamais ?

Absolument. Je pense que nous n'avons jamais été aussi bien dans notre tête. L'ambiance est à nouveau électrique et excitante. Personnellement, j'ai l'impression de revenir aux sources, comme à 17 ans, quand je faisais de la musique simplement par passion. Il n'a jamais été question de se défoncer ou de faire la fête, ni d'argent ou de toutes ces conneries. Il s'agissait de la magie de prendre une guitare et de créer quelque chose avec ses amis. Je suis un vieux de la vieille, avec toutes les responsabilités que cela implique, mais je ressens toujours la même excitation qu'à 17 ans. Je mène une vie formidable.

Si vous rencontriez les membres originaux de Story of the Year, que leur diriez-vous ? À propos du groupe ou de vous-même ?

Je dirais qu'il faut arrêter d'essayer de composer une autre chanson aussi marquante que « Until the Day I Die », et arrêter de deviner ce que les programmateurs radio ou les maisons de disques veulent entendre. Arrêtez de forcer les choses et laissez simplement la musique naître. Créez des choses en lesquelles vous croyez, car si vous y croyez, votre musique devient bien meilleure et touche un public beaucoup plus large.

Peut-on espérer une tournée pour promouvoir l'album, avec des dates en Belgique ?

Nous sommes en train de finaliser plusieurs dates pour cette année, alors restez à l'affût ! Et j'adorerais revenir en Belgique ! À ce jour, l'un de mes concerts préférés de tous les temps reste Groezrock 2008.



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