Trio rassemblant plusieurs entités, NAÏVE jette des ponts entre les différentes personnalités musicales de ses musiciens. Elles ont en commun une forme de désespoir qui se marie pour un tiraillement voire un combat entre les atmosphères électroniques et les guitares lourdes.
Le résultat sonne comme un album de Trip-Hop où les guitares ont été survitaminées. Un Trip-Hop Metal où la mélodie se fait Pop. Le mélange est pour le moins détonnant, mais pas toujours évident à l'écoute. Voguant en eaux troubles, NAÏVE est difficile à cerner alors que ses arrangements restent pourtant assez simples. Trop simples même à l'occasion. C'est ce que l'on pourrait appeler de la fausse naïveté.
Parce que derrière cette musique un brin naïve dans son interprétation, il y a une démarche plus réfléchie. L'association de genres déjà évoquée bien entendu. Une association qui a bien pour objectif de différencier et de personnaliser la musique du groupe toulousain.
Si certains titres sont plutôt réussis (Belly, Circles, Illuminatis), ce sont aussi ceux qui sont les plus éloignés de ce mélange recherché. Démontrant que la fusion de genres vogue parfois à contre-courant et que malgré des écoutes en dehors des ondes, un formatage des oreilles est inévitable pour chacun.
Hors des sentiers battus donc, NAÏVE ne convainc pas suffisamment avec son style. Il est appréciable dans l'analyse critique que les Toulousains osent s'aventurer là où nos oreilles sont vierges. Toutefois, il manque encore aux Toulousains cet élément qui fera la différence. A la fois constitué de maturité, de maîtrise et de dosage judicieux. Le spleen sur-joué du chant en moins, Illuminatis gagnerait aussi en appréciation. Ce dernier est particulièrement agaçant et ne contribue en rien à la cohésion musicale du groupe. Par contre, lorsque le chant se montre plus nerveux, plus désespéré (Belly, la fin de Illuminatis), NAÏVE semble s'aventurer sur une meilleure route.
Naïve