Pour "The sea shaper", plutôt que de se lancer dans la terraformation d’une autre planète, musicale soit-elle, TERRAFORMERa choisi de sonder les océans. Douze titres aux noms marins, naviguant en eaux troubles tel un « Dear captain » ou sombrant dans les eaux profondes pour y découvrir un « R’lyeh » tout droit sorti des pires cauchemars de Lovecraft. D’autres ne font que rappeler à mon bon souvenir un projet musical abandonné mais néanmoins un personnage historique : « Anacharsis ».
Si les titres ont tous un relent marin, la couverture ne laisse pourtant pas augurer cela. Propre, lissée et torturée elle vous amènera gentiment vers le style de musique pratiqué par TERRAFORMER : le post-hardcore.
Enfin, le mot est lâché. Alors venons-en maintenant à la musique. Depuis leur précédent opus, le groupe a clairement pris en maturité. On sent ici que la direction est plus claire, plus nette, que les choses se sont biens fixées. Et si c’était déjà le cas, disons alors qu’elles se sont au moins affermies. Bien sur, les trois gaillards ne sont pas non plus des nouveaux venus dans la scène hardcore, ayant fait leurs dents dans de sombres groupes qui ne rappelleraient plus rien à personne (ONE MORE ATTEMPT), sans oublier le passage du guitariste dans ISAIAH ou du batteur dans THE DERRICK SHOW. Mais à trois, es-ce réalisable de faire du post-hardcore efficace ? Il suffi de voir PELICAN pour en être convaincu. Mais pour ma part c’est plutôt de RUSSIAN CIRCLES que je rapprocherais le groupe. Juste une question de feeling, mais cela vous donne une direction. Pour ceux qui ne connaissent pas, on est dans une musique atmosphérique, planante, mélodique mais néanmoins percutante et électrisante, car si les envolées se font lyriques et envoûtantes, les décharges d’énergie n’ont rien à envier aux groupes tels que PELICAN ou RUSSIAN CIRCLES. « The sea shaper » est donc un album réussit, efficace et bien construit. Alternant atmosphères au delay et boucles enivrantes aux décharges puissantes et percutantes. Bref TERRAFORMER offre un album qui mérite qu’on y prête attention car leurs compositions gagnent rapidement en richesse. Le groupe démontre par la même occasion que chez nous en Wallonie, on peut créer une musique aussi efficace qu’ailleurs. A suivre donc.
post-hardcore

Terraformer


Pelican