Pourtant, la formation qui s'était envolée aux USA pour enregistrer Idolize avec Andrew Schneider (UNSANE, KEELHAUL) avait déjà fait le bon choix. Sauf que Sandy, l'ouragan est passé par là et sans Dave Curran (UNSANE, PIGS) pour redistribuer les cartes, SOFY MAJOR aurait pu rentrer chez lui avec la bonne explication.
Qu'est-ce qui n'a donc pas collé au début ? Tenace et mû par la volonté critique de faire ma chronique, j'ai investi l'écoute de ce second album. C'était pourtant évident que SOFY MAJOR condense un paquet de groupes Noise à Metal que j'affectionne : UNSANE, PIGS, KEELHAUL, THE MELVINS, QUICKSAND, KEN MODE, PORTOBELLO BONES (dont les Français reprennent d'ailleurs Power Of The Voice) ou encore CAVE IN. Dès lors je cherche toujours et me pose encore la question.
Après quelques écoutes, parfois distraites. Parfois approfondies. Je n'ai toujours pas trouvé d'explication. Une explication qui m'obsède d'ailleurs progressivement. Comment cela fut possible car Idolize est tout simplement monstrueux (dans le bon sens du terme). Le disque tourne très souvent dans mon lecteur m'apportant énormément de plaisir. Gluant, on a finalement bien du mal à s'en défaire. J'ai beaucoup de mal à m'en défaire. Une première impression d'incohérence ou de disparité pourrait tout expliquer, sauf que Idolize brille par ses aventures. Chaque titre apporte son lot d'euphorie. La rugosité décape. Le rythme martèle de manière percutante. La basse agresse tandis que la guitare secoue. SOFY MAJOR percute avec présence et force mais jamais dans la lourdeur. La formation se hasarde partout où elle peut dépoussiérer les décibels.
Alors que je fouille pour sortir un ou deux titres qui sortiraient du lot. Je prends conscience de cette absence. La faille serait-elle décelée ? Et bien non ! Si aucun titre n'est une évidence c'est parce qu'ils sont tous d'une efficacité implacable. Chaque composition possède sa personnalité mais ils sont comme les enfants aux yeux des parents, tous aussi adorables les uns que les autres.
Et si alors Idolize était l'album parfait ? L'absence de défaut ne pourrait-il pas expliquer ma première impression ? Même du côté de l'objet, SOFY MAJOR ne fait pas les choses à moitié aidé par les labels Solar Flare Records (AMERICAN HERITAGE, PIGS) et No List Records (KEN MODE) aux USA. Idolize sort aux différents formats que sont le vinyle décliné qui plus est en trois couleurs, le boxset dans une édition limitée, le CD digipack mais aussi en cassette et encore dans une version digitale. Les Français s'offrent même la cerise sur le gâteau avec une sortie prochaine d'une sorte de Peel Session concoctée par Dave Curran chez Coextinction Records, le label de CAVE IN, UNSANE et JULIE CHRISTMAS aux USA. Si la perfection de l'album devait se retourner contre SOFY MAJOR, dans ce cas c'est au fur et à mesure des écoutes qu'elle aurait risqué de m'éloigner. Au contraire, ce sont mes toutes premières écoutes qui ne furent pas concluantes et les suivantes qui m'ont rendu addict.
Le mystère restera donc entier. Mais en fin de compte, le plus important est que SOFY MAJOR vient de sortir avec Idolize une vraie tuerie digne des bains de sang de UNSANE et des envies meurtrières de KEN MODE. Il faudrait être complètement sourd pour ne pas s'en rendre compte... et muet pour ne pas le crier sur tous les toits !

Sofy Major
Unsane




KEN Mode