THE ARRS qui en est à son sixième album n'a pas cessé d'envoyer sa musique bien trempée dans le Metalcore tout en conservant son chant dans la langue de Molière, prenant le risque d'une association désastreuse mais défendant bec et ongles son style sur scène sans confusion possible.
Après des changements de label et de line-up, le dernier passage au Durbuy Rock Festival a démontré une fois encore la verve de la formation francilienne qui n'a toujours rien concédé.
L'usage de la double-pédale est ici récurrent. Il en va de même sur les grosses riffs de guitares qui tâchent. THE ARSS trace. Au point que les mots ne sont pas toujours compréhensibles du premier coup. Il faut tendre l'oreille ou réécouter plusieurs fois certains titres pour bien saisir les propos. On notera aussi quelques chants clairs bien contemporains et plutôt anglo-saxons dans le style. Même si je n'en suis pas fan, je trouve qu'il apporte un peu de variations à ce pavé lancé avec tellement de force.
L'album est massif et à l'image de la carrière du groupe, il n'admet aucun temps mort. L'impression est peut-être plus subjective, voire influencée par le titre de l'album que j'affectionne, mais il me semble que Soleil Noir doit être l'album le plus sombre du groupe. Le disque qui possèderait le plus de virulence dans sa forme et ses textes à la fois les plus vindicatifs et pessimistes.
THE ARRS s'est appliqué à sortir un album magistralement burné. Particulièrement efficace dans son style, le groupe est capable d'éclater les à-priori sur sa langue natale et ses origines. Il ne faut pas se faire de soucis, il n'est pas question du tout ici de Néo-Métal.

The Arrs