Composé de Nolan Glade au chant, Evo Beauvois et Xavier Lambrechts aux guitares, Léo Raffier à la basse et Juan Honorez David à la batterie, le quintet avance à son rythme, porté par l’envie de jouer et de partager sa musique.
Prochaine étape : la sortie de leur premier EP, « Pure Eternal », prévue pour début 2027.
Nolan et Léo se sont prêtés au jeu de l’interview pour nous parler de leurs débuts, de leurs premières expériences et de la suite de l’aventure Carasidem.

Le groupe s’est fondé en 2023. Dans quel contexte ? Avec quel objectif ?
Nolan : J'ai fondé le groupe en 2023 avec mes compositions donc c'est moi qui ai tout composé puis j'ai ramené des excellents musiciens et excellents amis pour m'accompagner et on tourne ensemble depuis six mois à peu près.
J'avais un groupe avant avec Léo et Evo, c'était Metior. On n’arrivait pas tous ensemble à trouver exactement ce qu'on voulait faire, bien qu’il y avait beaucoup de constructions en cours. J’ai décidé d'apprendre d'autres instruments et j'ai composé un truc que j'ai proposé à Léo et Evo.
Léo : On a décidé de mettre cet autre groupe de côté parce que le projet de Nolan nous parlait plus et finalement c'est devenu notre projet principal.
Mis à part Metior, vous êtes ou avez été membres d’autres groupes ?
Nolan : Le batteur Juan est dans Cycles of Flood, un autre groupe émergent bruxellois. Le guitariste est dans le groupe Echoes of Nihil qui est un peu en pause pour le moment. Evo est plus musicien guitariste jazz et pop pour plusieurs événements comme la comédie musicale Kinky Boots. C’est à peu près tout. On a des projets qui arriveront, mais ça on n'en parle pas encore maintenant.
Que veut dire « Carasidem » ?
Nolan : Eh bien ça ne veut rien dire du tout. Je cherchais un nom pour ce projet et j'ai commencé avec le son « k » puis « cara » et c’est venu comme ça un soir. J’ai dit « putain Carasidem, je trouve que ça sonne bien ». J'en ai fait un logo et on s'est dit « bah ça tue quoi » donc on a gardé ça simplement.

Vous évoluez dans un style musical qu’on appelle le djentcore. Vous pouvez expliquer ?
Léo : Ce sont les influences principales de Nolan et c’est le genre de musique qu'on écoutait et qu'on écoute toujours principalement.
Nolan : Le djent, c'est vraiment Léo et moi parce que c'est avec lui que j'ai commencé à faire de la musique de manière générale. On écoutait beaucoup des groupes comme Meshuggah, par exemple, les fondateurs du djent. On écoute encore beaucoup les dérivés de ce que ça apporté comme Erra, Currents, qui sont vraiment des descendants périphéries aussi du djent. Nous on y apporte une touche mélodique, dans les riffs. Et il n’y a jamais du chant clair. On s'est aussi mis dans la catégorie du deathcore pour ça. C’est pour ça qu'on fait du djentcore, principalement parce que c'est du djent avec du metalcore et du deathcore.
Nolan, comment tu travailles avec les autres membres du groupe ? C'est toi qui amène un texte, une idée ? Comment ça marche ?
Nolan : En fait, pour le premier EP qui à la base était censé être un premier album, je venais chez Léo quasiment tous les mois avec des nouvelles compositions, quand le groupe n'existait pas encore.
Et un jour je lui ai dit « mais mec, j'ai trop envie qu'on fasse ça en vrai, qu'on fasse ça en live ». On s'est mis d'accord pour le faire et j’ai été trouver Evo, Juan et plus tard Xavier avec 13 compositions déjà complètement terminées. Il fallait juste les interpréter avec les tablatures et tout ça.
Léo : Pour l'instant, notre volonté est de partir du matériel de Nolan et sans vraiment venir interférer là-dessus. On a des petites suggestions pertinentes, mais on s'est dit que c'était bien qu'il y ait une tête pensante qui lead le tout parce que dans le projet qu'on avait à trois avec Evo avant, on n'arrivait pas toujours à faire valoir les idées de tout le monde et ça freinait le projet. Et ça marche bien.
Nolan : Pour la suite, évidemment, je suis ouvert aux suggestions. Xavier apporte aussi sa patte à la composition principalement. Je viens avec les riffs, les morceaux quasiment terminés mais je demande à Léo par exemple de composer sa partie de basse en partant de ce qui existe déjà. Pareil pour Juan, sa partie de batterie. Je demande à Xavier de faire un solo enfin voilà ils apportent tous leur patte.
Vous parlez d’un premier EP mais vous n’avez pas encore sorti d’album si je ne m’abuse ?
Nolan : En effet, on est en train actuellement de travailler sur la sortie de ce premier EP parce que si on doit se donner un petit défaut, on est un peu pointilleux sur la façon dont on veut que les morceaux sonnent. Donc on travaille avec des professionnels et on leur demande très souvent des révisions.
On ne fonctionne pas vraiment avec des gros studios. Tout a été enregistré dans ma chambre à l'époque. Et aujourd'hui on enregistre les guitares ici, dans notre studio qui est aussi notre local de répèt. Xavier réenregistre les guitares plus proprement. C’est la seule chose qu'on fait en studio. Le reste, on envoie tout à un professionnel qui fait le mix et le mastering.
Par contre, votre tout premier single « Sulfur » est sorti en mai 2026 avec un clip. Ça fait quel effet de sortir sa première chanson et de montrer son travail au public pour la première fois ?
Nolan : Moi, principalement c'était de la crainte dans un premier temps, dans le sens où c'est la première fois qu'on monte quelque chose, est-ce que les gens vont apprécier ? C'est aussi un bonheur de se dire « punaise après trois ans, on sort enfin quelque chose sur les plates-formes ». En plus on a sorti un clip avec qui a tout a été tourné dans les locaux ici pas loin. Donc voilà ça a été beaucoup de travail.
Léo : Moi c'était un peu surréel. On a passé tellement de temps dans nos chambres, dans notre studio, à faire faire de la musique, et puis là d'un coup, on sort les choses. On a fait nos premières dates cette année. C'est super bizarre de sortir de cette grotte en fait et d'être face à des gens, d'avoir un public, des gens qui viennent pour nous. C'est trop bizarre, mais c'est génial. Ça réconforte un peu dans l'idée qu’on n’a pas mis tout ce temps-là dans le projet pour rien. Ça nous fait super plaisir.
Quels ont été les retours du public ?
Nolan : On a croisé les bonnes personnes, on a saisi les bonnes opportunités, on a eu de la chance. Pour le moment, à Bruxelles en tout cas, les gens ont l’air d'apprécier ce qu'on fait. Le premier mois après la sortie de premier titre, on a fait des chiffres qui sont dérisoires pour l'industrie de la musique, mais pour nous absolument gigantesques. En six mois, notre single a fait plus de 1500 écoutes, toutes plateformes confondues. Les gens reviennent sur Spotify, on a une soixantaine d'auditeurs mensuels donc tous les mois. Pour nous c'est absolument gigantesque. Il y a 60 gars dans la nature, on a vu des Mexicains, des Américains, un peu partout dans la planète, qui écoutent notre morceau au moins une fois par mois. Ouais non c'est dingue.
Léo : Ça fait plaisir aussi de voir aussi des têtes en concert qui reviennent nous voir et des gens qu'on ne connaît pas. C'est trop bizarre mais c'est vraiment super, c'est trop bien.
Et donc la sortie de ce fameux EP, elle est prévue pour quand ?
Léo : On aimerait le faire le plus rapidement possible, mais de nouveau c'est le côté son et pointilleux qui nous retarde.
Nolan : L’idée serait de faire ça pour le début de l'année prochaine. Début 2027, on aimerait qu’il soit dans les mains des gens pour qu'on puisse nous aussi aller de l'avant et aller vers de nouvelles compositions. Parce que cet album, malgré tout, ses chansons ont déjà trois ans et en trois ans, il y a beaucoup de choses qui ont évolué aussi dans nos influences.

De quoi parlent vos chansons ? Y a-t-il un message ?
Nolan : A l'époque, quand j'ai créé ce projet, je n’avais pas d'attente personnelle dans le sens où je faisais la musique pour faire de la musique. Chaque morceau parle d'une thématique spécifique. Aucun morceau ou très peu ne parle vraiment de moi. Ça parle plutôt du fait qu'on se fait marcher dessus en permanence, ça parle aussi de la colère, de la médication.
À l'avenir, ce n'est pas comme ça qu'on va travailler. Je sens ce besoin, et j'ai l'impression que mon groupe aussi, de plus s'exprimer nous-mêmes sur ce qu'on ressent, la façon dont on vit aujourd'hui dans ce monde et dans nos vies. Donc dans le futur, ce sera des thématiques beaucoup plus personnelles.
On peut dire que vous êtes un jeune groupe en plein développement. À quoi êtes-vous attentifs pour que ça se passe bien, que la sauce prenne, pour trouver votre public, etc. ?
Léo : Il faut exceller en live et faire les choses très très bien pouir donner au public un bon moment pour que ça les marque. Il faut aussi montrer qu'on existe et qu'on est présent sur les réseaux. Ça c'est Nolan qui s'en charge. À Bruxelles, on a quand même cette chance d'avoir une scène qui est là, qui est présente, avec des gens qui viennent la soutenir. Et ça c'est vraiment génial.
Nolan : On essaie de se démarquer en faisant quelque chose le plus qualitatif possible. C'est pour ça qu'on se voit une fois par semaine en répétition. Chaque semaine, on bosse notre musique, on bosse nos mouvements en live, on discute de ce qu'on va faire, du contenu qu'on va devoir poster. On se prévoit un moment de feedback aussi pour voir ce qui a été et ce qui n'a pas été, pour avancer.

Votre première scène, c’était où et quand ? Quel souvenir vous en gardez ?
Nolan : Oui alors il faut distinguer deux dates. On a eu notre première vraie date officielle, le 25 avril 2026, avec l’orga Sabotage, au Kuub. On a eu la chance de jouer avec Ashes Into Blood et Nekrobloom.
Un peu avant, le 8 avril 2026, on a bouché un trou à l'ULB pour remplacer un groupe qui s'est désisté. Pour nous, c’était la première scène et on a eu toutes les catastrophes qu'on pouvait avoir.
Léo : Pour Nolan et moi, c'était notre première scène. Les trois autres avaient déjà fait de la scène avant. C'était super bizarre, énormément de stress. On testait notre nouveau matériel aussi, on travaille avec un ordinateur en permanence sur scène. C'est la première fois qu'on travaillait avec une nouvelle machine, notre X32 (ndlr : console numérique) et évidemment le jour même il a décidé de casser les pieds pendant une vingtaine de minutes. Au cours de ces six derniers mois, on a beaucoup travaillé et évolué et on s’est rapproché de la perfection et c'est vraiment trop bien de se dire qu’entre ce moment-là et aujourd'hui, il y a vraiment eu beaucoup d'avancées non seulement techniques, mais aussi de manière générale.
Vous avez participé à plusieurs concours comme le Humo's Rock Rally, le Wacken metal battle et les tremplins du Durbuy Rock Festival. Que retirez-vous de ces expériences ?
Léo : Ça permet de faire des plus grandes scènes en terme de superficie et de voir un peu ce que c'est des plus grosses organisations et les conditions réelles qui se rapprocheraient d'un festival. C’est hyper chouette pour apprendre à travailler le stress et la façon dont on se déplace sur des grandes stages. Pour aussi pouvoir se dire, quand on a des plus petites stages, comment est-ce qu'on fait comment est-ce qu'on s'imbrique. C'est depuis qu'on fait les tremplins qu'on s'est vraiment mis à bosser notre présence scénique. On a encore beaucoup de travail. Mais c'est de mieux en mieux, franchement.
Nolan : On n’a malheureusement jamais pu continuer aucun des tremplins qu'on a faits. La critique principale, c'était vraiment notre innocence, notre jeunesse entre guillemets en tant que groupe. On le prend aussi comme un compliment parce que ça ne concerne pas notre musique mais plus la façon dont on va essayer de l'interpréter. On prend vraiment tout ce qui est bon à prendre, aussi les défauts, et on bosse énormément sur ça. On voit nous-mêmes l'évolution. Le premier tremplin, c'était pour le Wacken et le dernier pour le Durbuiy Rock. Entre les deux, il y a un monde, on ne se reconnaît pas nous-mêmes.
Vos ambitions pour la suite ?
Nolan : On aimerait un peu sortir de Bruxelles, sans oublier d'où on vient évidemment. Aller un peu plus en Wallonie. On l'a fait une fois à Tournai, à La Cage, c'était super. Le concert au Belvédère à Namur pour vous c'est juste une opportunité qu'on était obligé de saisir et on a trop hâte de jouer. On aimerait aussi se déplacer un peu plus vers la Flandre, un petit peu voir avec quel groupe on pourrait jouer et évidemment arriver à jouer dans des festivals, c'est pour ça qu'on a fait les tremplins. Et en dehors de la Belgique aussi.
Léo : On aimerait grandir, c'est vraiment notre ambition. Arriver à toucher de plus en plus de gens. Symboliquement, on s'est toujours dit, un peu innocemment, la première fois qu'on fera l'Ancienne Belgique, on sera très content (rires).
D’autres sorties sont prévues ? Un EP ? Un album ?
Nolan : Le deuxième single « Care » arrive le mois prochain. On est à La Brasserie de La Mule le 3 décembre et au Belvédère avec vous le 18.
Carasidem

Meshuggah
Erra