Loin d’un son parfait et travaillé jusque dans les détails – comme pouvait le laisser présager la présence dans Mont-Doré de Grégoire Fray de Thot – cet EP nous replonge dans une époque où bon nombre de démos et EP étaient limités par les moyens techniques de l’époque. Et pour tout dire, faut quand même avouer que la voix accroche quand même salement l’oreille ce qui rend difficile l’écoute à haut volume. Si c’est volontaire, l’effet est quand même un peu forcé. D’autres diront que cela ajoute de l’intensité à la musique rageuse du groupe, qui me rappelle d’ailleurs par moments les Français de Metronome Charisma (dont les membres ont plus tard fondé Year Of No Light) dans leur manière de conjuguer passages explosifs et plages plus longues et atmosphériques. Ces plages atmosphériques ne sont pas propres ni même calmes, car un son de guitare sur-saturé domine toute la musique du groupe. Et de ce côté-là, il s'agit clairement d'un choix conscient et plutôt judicieux puisqu'il permet à cet EP de rester sale et violent pendant 26 minutes, tout en gardant du relief grâce aux changements de rythme.
L'expression "brut de décoffrage" prend tout son sens à l'écoute de cet EP, sur lequel les musiciens crachent leurs sentiments sans artifices ni fioritures. L'excellente piste Inner-Schism est un condensé d'émotions brutes et douloureuses qu'il est impossible de transmettre mieux que par des cris et de la rage.
Le groupe s'en sort bien en réussissant à faire passer ses émotions sur ces pistes studio, dans un style pourtant beaucoup plus efficace en live, où Mont-Doré peut nous hurler sa rage en plein visage et où on pourra témoigner qu'une musique qui vient des tripes, ça retourne même celles du public.
hardcore pop rock post-punk post-rock screamo

Mont-Doré
Metronome charisma