Sur ce disque, on retrouve quatre compositions où l'ambiance est la clé de voûte de l'édifice. Shelter est un titre en progression où la mélancolie crescendo s'envole lyriquement. Edelweiss, tout aussi triste, abat une fragilité qui met en exergue une tension dramatique. The Man Landscape est un titre entêtant où le paysage monacal est en plein affrontement avec la douleur. Et enfin la plage titulaire s'allège pour conclure de manière assez fataliste ce premier essai.
Les chants se multiplient et surprennent. Ce sont eux qui bouleversent les codes stylistiques empruntés par REIGN. Cette surprise demande un effort, pas toujours confortable, pour pénétrer l'univers prostré de la formation. Une fois cette étape acquise, Subtle Bodies, se révèle pleinement à l'auditeur. C'est en dépassant l'audacieux pari des mélanges qu'il devient possible de se laisser emporter dans le monde de REIGN. Un début prometteur qui ne pourra séduire tout le monde du fait des libertés prises. Pourtant, le plus grand intérêt de REIGN réside dans cette indépendance face aux contraintes.
Le Dead Projet