C’est vrai, dès l’intro View From the Tower, on peut trouver chez Mortals une sonorité atypique, issue du croisement précité, et agrémenté des growls acides de la paire Lesley Wolf / Laurie Sue Shanaman. Un côté Black accessible, allié à des incursions Blackened Hardcore qui peuvent rappeler, plus près de chez nous, un OathBreaker.
Armé d’une batterie ravageuse et de riffs refoulant la bidoche bien saignante, l’album déroule comme une armée nordique en plein champ de bataille. Une armée qui nous roue de ses coups plus Sludge sur The Summoning, ou qui bat en une retraite bien Doom sur Epocryphal Gloom. Sachant balancer entre un Devilspeel sauce Eyehategod ou les blasts de Series of Decay, Mortals se révèle donc assez versatile (dans le bon sens du terme) tout au long de cet album.
Dommage cependant que l’on ressente autant de lourdeur au fil de l’écoute, un brin fastidieuse. La faute à de nombreux plans redondants et un manque d’unité globale. Avec quatre morceaux (sur six!) s’étirant au-delà des huit minutes, Mortals dilue en effet son propos éléphantesque et perd en efficacité ce qu’il cherche à gagner en variété heavy. La conclusion Anchored in Time montre pourtant que Mortals sait aussi gagner en souplesse mélodique, et pourrait ainsi éviter la relative monotonie qui entache quelque peu cet album.
Beaucoup d’idées, donc, mais à catalyser pour la suite. Une chouette découverte quand-même.
Extreme, blackened, Brooklyn, darkthrone
Mortals
Darkthrone

Oathbreaker