Si la comparaison avec des chefs de files comme EXPLOSIONS IN THE SKY ou MONO peut s'entendre, KERRETTA définit aussi sa musique à l'aide d'horizons différents et variés. Dès Ossein Trail, la plage qui ouvre Pirohia, la formation va ouvrir un chemin de traverse avec un apport mélangeant son Post-Rock aux sautillants débuts d'AUCAN.
Là où de nombreux groupes se contentent de faire monter la mayonnaise, KERRETTA aime ajouter une dose de puissance, lorgnant également vers des groupes, plus gros bras comme ISIS ou THE OCEAN. KERRETTA nous balance constamment entre envolées appuyées et impulsions dansantes. L'hypnotisme de la formation flirte aussi bien avec l'onirisme et que la rage.
On ne peut pas reprocher au trio de composer des textures dramatiques assez personnelles où l'expérimentation se mêle à l'intensité. KERRETTA sait aller chercher son auditoire même si il faut reconnaitre quelques petits flottements qui rappellent que la musique présentée ici est instrumentale. A force de mettre beaucoup de résolution à jouer, on entendrait bien quelques grognements. Dès lors, lorsque KERRETTA va chercher un chant aux allures tribales pour Kawea Tâtou Ki Ngä Hiwi afin d'accentuer la tension et le mysticisme, il confirme que quelques vocaux pourraient apporter le petit plus qui finaliserait un album déjà au-dessus du panier.



