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Chronique 23-01-2015 par Guillaume 3 min de lecture

Job for a Cowboy — Sun Eater

Si mes souvenirs sont bons, Job For A Cowboy a été l’un des premiers groupes à connaître une ascension fulgurante à l’aide du presque défunt Myspace. Le groupe devenait alors depuis son Arizona natal un petit phénomène en plein boom Deathcore, puis signait avec Doom (2005) une référence du genre. Pourtant, Job For A Cowboy surprend ses fans pour son premier véritable album (Genesis, en 2007) en virant Death moderne, sans que cela ne l’empêche de réaliser un carton au Billboard américain. Par la suite, le groupe accentue sa tendance Brutal Death sur Ruination (2009) avant de s’essayer à quelque chose de plus technique sur Demonocracy (2012). De quoi observer une tendance sur la durée, autre que les artworks réussis : ce côté un peu changeant, limite girouette, mais au service d’un résultat très qualitatif en général, quoique parfois un peu indigeste si l’on garde en mémoire leur dernier effort.

Et, à nouveau, Job For A Cowboy a changé. Difficile de dire s’il s’agit là de l’influence du remplacement de Jon Rice à la batterie par Danny Walker (Intronaut, Murder Construct, Exhumed, Phobia), ou d’une vraie volonté des américains de ne pas vouloir sortir deux fois le même album. Mais, clairement, on tient là un revirement assez net. La première écoute de Sun Eater se révèle en effet totalement déconcertante ! L’ouverture (Eating the Visions of God) distille sur une durée inhabituelle (plus de six minutes) de nombreux riffs dissonants et des lignes de basse à la Cynic, sans oublier ce solo de toute beauté.

Seul membre originel restant, le frontman Jonny Davy reste lui dans son registre typique, avec ses growls épais coupés de quelques cris plus hallucinés. Pour le reste, la rupture est nette. Car Sun Of Nihility continue dans la même veine, dévoilant un son plus progressif, plus mélodique, remplaçant bon nombre de blasts par un mid-tempo que l’on imaginait pas chez Job For A Cowboy. Certes, la brutalité reste présente (The Stone Cross ou The Synthetic Sea avec Corpsegrinder de Cannibal Corpse), mais c’est surtout le côté aérien qui marque dans cet album, bien aidé par sa production limpide. Les leads mélodiques, les solos démonstratifs et autres sweeps sont clairement mis en valeur (Encircled By Mirrors, Buried Monuments...) pour produire cette ambiance plus froide et plus posée. Et cette basse !

Studieux, Job For A Cowboy semble donc avoir réfléchi cet album, en le construisant autour de plusieurs fils conducteurs nouvellement tirés, tout en l’agrémentant des bonnes idées groovy piquées chez les progressistes du genre (Cynic, Atheist, voire Fallujah ou Gorod). Reste néanmoins, comme souvent avec eux, un album plutôt long et lourd à assimiler, quand il ne devient pas répétitif en fin de parcours. Et toujours cette fâcheuse arrière-pensée quant à l’opportunisme d’un groupe qui semble sentir le vent du Death(core) tourner, et modifie à nouveau sa trajectoire. Une trajectoire vers un objectif plutôt ambitieux, que le groupe s’est donné les moyens d’atteindre, mais pour lequel il faudra montrer encore plus d’efficacité pour la suite... à moins d’un nouveau revirement.

Tags death, deathcore, suecof, girouette, technique, fretless

Encore Job for a Cowboy

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