Les deux vont de pairs et s’auto-nourissent dans l'intensité. ENABLERS est loin du simple Spoken Words où seule la parole de l'orateur prend de l'importance. La formation originaire de San Francisco ne se rapproche pas plus de la juxtaposition du texte à la bande-sonore. ENABLERS est un tout, avec une mise en avant malgré lui de Pete Simonelli.
On entend bien à l'écoute de ENABLERS que chaque partie musicale et parlée sont importantes. Sans quoi, le groupe ressemblerait plus à un collage. Or, l'intensité émotionnelle qui ressort d'un tel disque n'est possible que si touts regardent dans la même direction avec leurs propres yeux.
Alors que jusqu'ici, ENABLERS se montrait plus expressif en concert, laissant selon moi ses disques à la traine côté du rendu, ce The Rightful Pivot pourrait bien inverser la tendance. Le rendu final de cet album est tout simplement époustouflant. Pete Simonelli fait autant de vagues que ses comparses et inversement. Les moments d'accalmies sont aussi travaillés dans la profondeur musical que dans l'expressivité poétique. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de comprendre l'anglais pour apprécier la charge émotionnelle qui se dégage de la sonorité des notes et des mots, même si bien entendu, cela reste un plus.
Good Shit empêche ENABLERS d'avoir sorti le disque parfait. Seul titre a être en manque de cette magie qui unit tant les mots à la musique, Pete Simonelli reprend l'ascendance du Spoken Words tandis que le groupe suit dans une abstraction qui provoque un décalage et une distance.
De la discographie du groupe, de plus en plus poète, The Rightful Pivot se place au-dessus du lot selon moi. L'alchimie des émotions couplées aux sons des mots et à la voix de Simonelli est ici une merveille d'éclat qui sans trop de théâtralité parvient à nous transporter autant que les prestations Live d'ENABLERS, à la fois Rock et déclamée.

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