Dans le microcosme bruxellois, une personne connait assez bien ce cinéma pour s'en être inspirée à plusieurs reprises, Dominique Van Cappellen-Waldock. Déjà bien active avec KEIKI ou BABY FIRE, elle a fait appel une nouvelle fois à son double masculin Raphaël Rastelli pour développer ce nouveau projet. Ce dernier, à ses côtés dans NAIFU ou KEIKI, a également contribué à l'enregistrement de BABY FIRE.
C'est à trois finalement que VON STROHEIM, qui se veut cinématique et Doom, voit le jour. Tant le nom que l'utilisation de certains samples empruntés à Orson Welles renvoient bien entendu au 7ème art. Musicalement, même si elle replonge dans ses us, Dominique parvient à proposer un projet à part entière avec une identité propre.
Doom, The Tree, In Her Loneliness et Pale Man le sont assurément. Le décalage entre la tonitruance et le chant féminin et délicat de Dominique est ici ralenti et alourdi à souhait. Ne vous méprenez pas ! VON STROHEIM n'est pas du KEIKI dont la vitesse de lecture serait plus lente. Les deux formations cultivent le goût de la dissidence et de certaines oppositions tout en partageant des acteurs communs certes, mais la comparaison s'arrêtera là.
VON STROHEIM vient superposer la carte de l'éther à sa lourdeur répétitive. L'onirisme fantasmagorique s'oppose ainsi aux tensions dramatiques. Le chant de Dominique tient le rôle principal tandis que Sacrifical Lamb complète ce voyage surréaliste.
A l'instar des autres projets de Dominique, VON STROHEIM joue la carte d'un minimalisme qui se suffit à lui-même. Le versant Doom de ce projet remplit les espaces et même si Sacrifial Lamb est plus aérien, les envolées étranges complètent le ressenti impressionnant qui se dégage du projet.
En réutilisant les codes et ingrédients auxquels, elle nous avait habitué, Dominique nous livre avec VON STROHEIM, son projet le plus holistique, celui qui acquiert ma préférence inconditionnelle.

von Stroheim

