Si d'entrée de jeu, le groupe originaire de la petite ville de Varberg utilise le banjo dans l'introduction de "Take Me Back Home" histoire d'avoir une connotation avec le titre de son album, il retombe cependant très vite dans le style qui nous avait déjà fait chavirer lors de la sortie de son opus précédent. Dans un rock carrément vintage, dont les bases très bluesy rappellent les origines de cette musique, Thomas Andersson (guitare/chant) nous fait une nouvelle fois étalage de toute sa puissance tant du côté de son chant que de son jeu de guitare.
Et tout comme sur ses albums précédents, la musique de Kamchatka offre une comparaison facile avec celle des Américains de Clutch. Mais si tant du côté de la construction des morceaux que dans l'essence même du style musical, le rapprochement entre les deux formations semble évident, cette similitude n'est pas forcément le fruit du hasard vu les relations qu'elles entretiennent. En effet, ce diable de Thomas Andersson a, par le passé, déjà travaillé avec Jean Paul Gaster, le batteur de Clutch et les deux groupes ont également déjà partagé l'affiche à plusieurs occasions tant aux States qu'en Europe.
Mais en plus de ces influences au final très stoner, Kamchatka entretient un côté très bluesy inspiré directement de grands noms comme Jimi Hendrix ou encore Stevie Ray Vaughan. Clairement, le savant mélange dont résulte la musique du combo nordique ne révolutionne aucunement le monde musical, mais ce n'est absolument pas son objectif. Ici, tout comme c'était déjà le cas sur ses albums précédents, c'est d'un groove monstrueusement contagieux dont accouche une nouvelle fois Kamchatka.
Cependant, ce qu'on reprochera peut-être au trio suédois, c'est cette grande similitude qu'il y a entre cet album et son prédécesseur. Avec à peine 15 mois d'écart, les deux albums pourraient presque laisser à penser qu'ils ont été composés au même moment. Mais vu le niveau affiché sur Long Road Made Of Gold, cet effort est bel et bien à mille lieues d'être une plaque de seconde zone comportant les morceaux non sélectionnés sur The Search Goes On.
Bref, Kamchatka ne révolutionne absolument en rien sa musique, mais s'impose encore un petit peu plus comme étant l'un des meilleurs représentants actuels du style dans lequel il évolue depuis maintenant quatorze ans.

Kamchatka
Clutch