Mais depuis ce fameux Sin/Pecado, les albums de Moonspell semblent former les uns après les autres leurs propres chrysalides, dont le groupe émerge quand lui vient l’inspiration de continuer. Après avoir exploré des éléments Black, Goth, Dark voire électronique, il n’est finalement pas surprenant que les sorties du groupe tendent à osciller entre les genres. Il faut dire que Moonspell a vu naître et mourir de multiples modes, y compris celle qui les a propulsé en premier lieu. Après avoir traversé les années 2000, le mysticisme de Moonspell peut encore faire sourire les amateurs de sonorités plus à la mode, ce qui n’empêche pas Fernando 'Langsuyar' Ribeiro de sortir son onzième album studio, Extinct, le deuxième pour Napalm Records.
Extinct suit les jalons posés par le double Alpha Noir, une jonction critique pour un Moonspell à qui la magie d’antan faisait défaut, alors que l’album précédent, Night Eternal, était peut-être leur meilleur depuis Sin/Pecado. Bonne nouvelle, Extinct revient au meilleur de la forme de Moonspell. On le sent dès l’entame sur Breathe (Until We Are No More), empreint de l’identité du groupe avec ce chant onctueux au diapason de la basse, ces riffs volatiles, ces claviers à la dérive , et même quelques blasts. Les lyrics empreint de poésie soulignent aussi la grande mélodicité de certains refrains, tels que celui du morceau éponyme ou de Funeral Bloom, même si le chant de Malignia pourra faire tiquer. Quelques saveurs symphoniques disséminées çà et là ainsi qu’un travail détonnant sur la guitare lead achèveront de convaincre les fans de Goth/Dark Metal. Par ailleurs, des titres comme Medusalem ou The Future Is Dark (très Tiamat) prolongent le penchant de Moonspell pour l’électronique, tout en restant mélancoliques, bien qu’un Last of Us, par exemple, se veut plus traditionnel dans sa structure métallique.
Alors c’est vrai, en dépit du chant Death que l’on peut entendre avidement, les fans qui attendent un Finisterra or un Night Eternal ne seront pas comblés par Extinct, qui lorgne musicalement davantage vers un rendu croisé entre Sin/Pecado et Irreligious. En fait, Moonspell continue à démontrer la versatilité de sa palette, reprenant parfois certaines couleurs pour en délaisser d’autres...
Goth, Dark, Metal, Fascination Street Studios, Jens Bogren. Seth Siro Anton

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