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Chronique 11-10-2015 par Guillaume 4 min de lecture

Trivium — Silence in the Snow

Année 2005 : après un très intéressant premier opus sorti en 2003 (Ember to Inferno) Trivium sort le monstrueux Ascendancy et se voit propulsé leader Metalcore, et même espoir de la scène Metal en général. Leur label, Roadrunner, croit déjà avoir déniché une poule aux œufs d’or, un nouveau Metallica.

Il faut dire qu’à l’époque Trivium connait une ascension fulgurante, notamment au UK où le groupe donnera un set d’anthologie au Download 2005, qui lui sert encore de référence au pays du fish’n chips. Mais voilà, entre la pression du label et le souhait d’affirmation du jeune groupe (Matt Heafy est né en 1986 et Corey Beaulieu en 1983 !), Trivium sort en 2006 le réussi (dans son style) mais déroutant The Crusade complètement influencé par Metallica et vendu comme un album de Thrash. L’occasion de perdre bien des fans, sans gagner pour autant les vieux thrashers, nullement dupes. Leur retour avec Shogun en 2008 en perturbera de nouveau certains (mais en fera cette fois venir d’autres), de par des compos techniques, alambiquées, mais ô combien personnelles.

Cette identité affirmée en parallèle aux énormes progrès live effectués par le groupe, In Waves sort en 2011 et, comme d’habitude, divise quelque peu : les partisans de Shogun regrettent la légère régression technique alors que les premiers fans louent le retour à des compos plus directes et agressives. Puis Trivium confirme en 2013 qu’il tourne déjà en rond avec Vengeance Falls, un album propre et mélodique, qui fait cependant regretter l’absence totale d’évolution pour un groupe au potentiel si élevé.

Et maintenant ? Matt Heafy et Corey Beaulieu déclarent vouloir laisser s’exprimer leurs inspirations Dio, Rainbow, Black Sabbath, Heaven & Hell, anecdotes à l’appui. Un autre monde ! De ces admirations est né Silence in the Snow, qui semble-t-il, aurait pu voir le jour il y a longtemps déjà ; mais que le groupe a choisi de faire mûrir. Mouais. Soit. Il en résulte surtout un album difficile à cerner.

Dès son intro en fait. Au risque de faire hurler les plus true, c’est bien Ihsahn de Emperor qui a enregistré Snøfall pour un résultat très limité, que ce soit pour du Trivium, ou du Ihsahn. Mais passons, le morceau titre s’enchaine, celui-là même que Trivium décrit comme issu des sessions de Shogun et effectivement... en complet décalage par rapport à cet ouvrage. Hyper mélodique, y compris (et surtout) dans le chant de Matt, ce morceau reste assez bien foutu et relativement au-dessus de ce que propose le reste de l’album. Blind Leading the Blind suit le mouvement en se dotant de quelques leads Metal plus old shool et surtout de quelques riffs plus simples qui rappelleraient presque du Volbeat ! Un début d’album très catchy donc, et pas aussi mauvais que je le craignais, surtout après quelques écoutes.

Et puis, et puis Dead and Gone. Et Pull Me from the Void. Ou comment nous laisser à penser que Trivium a essayé de bricoler des chansons autour de refrains préfabriqués. Avant la moitié de l’album, il semble clair que Matt a choisi de n’utiliser que du chant clair, sans que celui-ci ne sonne comme sur The Crusade. Il en résulte un certain manque d’allant (dont The Crusade n’était pas dépourvu justement) et une section chant qui peine à insuffler de la force à ses chansons (excepté Beneath the Sun peut-être). Peut-être tout cela est-il dû à un songwriting de toute façon peu inspiré ? Car, même quand Matt essaie de pousser sa voix, le résultat ne suit pas du tout (Pull Me from the Void).

Sur une note plus positive, on peut en revanche saluer la variété proposée par cet album qui oscille entre le groovy (Blind Leading the Blind), le mélodique-centré (Beneath the Sun), et les ballades (Until the World Goes Cold). Un caractère qui manquait aux deux derniers albums. Dans tous les cas on reste sur une musique faite pour un contingent particulier de fans - sachant que nombreux seront ceux qui auront du mal à accepter ce changement vocal et stylistique. Incroyable, au final, comme Trivium a changé en dix ans...

Tags Metal, Dio, clean, radio, Michael

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