D’Obscura, je retiendrai toujours, et sans conteste, le formidable Cosmogenesis, un album de très haute voltige, varié, mélodique, technique – une perle du genre. Akróasis délivre justement le meilleur de lui-même quand il s’efforce d’emprunter les mêmes chemins, déroulant les riffs à l’envie (Ten Sepiroph, Ode to the Sun), et témoignant de la toute-puissance des Allemands lorsqu’il s’agit d’écrire du contenu tantôt technique, tantôt brisé, mais toujours enchanteur (le titre éponyme). On pense à Necrophagist, on pense à Cynic (Perpetual Infinity), on pense au Obscura que l’on adore.
Comme sur chacun de ses albums, Obscura délivre donc un propos riche, complexe, dynamique... au risque de trop vouloir en faire et de privilégier la forme au détriment du fond. Déjà à l’époque, Omnivium était bien plus expansif que le plus direct Cosmogenesis, et Akróasis poursuit sur ce chemin un peu trop chargé. Outre les démos techniques pures parfois un peu stériles (Sermon of the Seven Suns), parfois impressionnantes (The Monist), le songwriting s’est étiré, sans réellement se justifier. L’accumulation d’embryons d’idées prend le pas sur une véritable structure et dénature la progression au sein de cet album foisonnant. Le meilleur exemple se trouve peut-être dans la conclusion fleuve Weltseele et ses 15 minutes, dont les deux premiers tiers empilent les idées de riffs avant de dévoiler enfin la « vraie » mélodie clôturant l’album.
Akróasis constitue finalement un album assez frustrant. On apprécie ces moments de pure virtuosité tout comme on peste devant ce manque d’une vraie vision, claire, conférée à un album dont on peut regretter également la production assez étrange, où la basse ressort aussi magnifiquement que le reste sonne assez plat au final (surtout en comparaison de Cosmogenesis). Comme Omnivium avant lui, Akróasis croule un peu sous son poids, et, contrairement à d’autres albums progressifs, les écoutes répétées étiolent l’intérêt que l’on y porte au lieu de le renforcer. Beau, mais un peu superficiel.
Death, Necrophagist, Gorguts, Spawn of Possession, Cynic, The Faceless, Origin

Obscura
Cynic