Au-delà de ce rappel discographique, cet album semble s’est figé docilement dans un ciment mélodique rock et groovy, où la basse de King ov Hell fait des merveilles, voire joue un rôle plus important que ce que l’on a pu entendre par le passé avec ce cher Abbath. Côté batterie également, Creature (Kevin Foley de Benighted) s’est manifestement fait bien plaisir et parvient à apposer son sceau à cet album, tout en évitant les écueils stéréotypés. Evidemment, les riffs à la fois brutaux et dansants sont aussi de mise (To War!, très Immortal, ou Endless, qui rappelle All Shall Fall), même si, lorsqu’ils sont répétés inlassablement, on finit par se demander s’il s’agit là d’un syndrome version page blanche ou de l’exploitation de tout le potentiel d’une idée d’écriture.
C’est sur ce point que les avis risquent de diverger concernant cet album, l’effet réussissant ou échouant selon les chansons concernées. Au risque d’enfoncer une porte ouverte, on ajouterait même qu’il est probable que l’attente initiale envers cet album (Abbath va-t-il poursuivre sur base des derniers travaux d’Immortal ? va-t-il revenir aux débuts ? va-t-il refaire du I ? de la zouk ?) conditionne son appréciation. Le résultat parait évident au final, cet éponyme semblant venir comme une suite ouverte et logique des tout derniers travaux du Norvégien.
Bien ficelé (Count the Dead), propret, l’album n’est cependant pas exempt de défauts. Le mastering tendrait presque à thrashiser certaines parties et manque de mettre suffisamment en relief le contraste entre intensité sonore et froideur. Certaines sections rituelles plus mid-tempo (Root of the Mountain) nous rappelleraient maladroitement Inquisition (un comble), et d’autres titres comme Oceans of Wounds ne prennent pas, tout simplement.
Avec seulement 40 minutes au compteur et une certaine facilité d’écoute, Abbath est un album plutôt sympa à s’envoyer. On verra comment ce disque sera défendu sur scène, mais ce petit vent de fraicheur ainsi apporté n’est pas foncièrement désagréable, et on se plait à découvrir ce nouveau matériel, reconnaissable entre mille...
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Abbath

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