Après Hand Of Glory, EP masterisé par Billy Anderson (NEUROSIS, CATHEDRAL...) en 2013, un split avec WE ALL DIE (LAUGHING) en 2014 et un Live, Noise In The Church l'année dernière, THE LUMBERJACK FEEDBACK se devait d'arriver avec un premier album en 2016. Confié à Colin Marston (GORGUTS, KRALLICE) pour le mastering, Blackened Visions possède une production plutôt nette et précise pour un album qui touche aussi bien au Post-Metal qu'au Doom/Sludge et au Stoner.
A l'instar de PELICAN qui associe déjà des genres similaires, l'absence de chant ne pose aucun problème dans la musique de THE LUMBERJACK FEEDBACK. Dynamique et intense, elle prend aussi des proportions cinématographiques qui ajoutent une dimension supplémentaire. D'autant que le groupe préserve intelligemment le dosage en évitant les effets à rallonge inutiles. Les six compositions restent en-dessous des dix minutes.
L'ouverture de l'album (No Cure (For The Fools)) se fait en intensité avec un beau duel entre les guitares et les basses. Mais c'est à partir de la plage titulaire que THE LUMBERJACK FEEDBACK prend toute sa mesure. Cette première plage prépare sans trop bousculer à ce qui va suivre.
C'est d'ailleurs dans la seconde moitié de Blackened Visions, avec l'arrivée d'un solo façon SLAYER, que la force instrumentale de THE LUMBERJACK FEEDBACK se dévoile pleinement. Derrière un mur sonore, les deux batteurs construisent les fondations d'un jeu qui va s'avérer extrêmement solide sur le reste de l'album.
IMereMortal démarre d'ailleurs dans cet esprit avec une rythmique implacable tandis que Salvation inverse le principe offrant l'attaque aux guitares qui passent sur le devant. Le groupe a aussi la bonne idée de jouer sur ses influences et de les alterner. Ainsi IMereMortal est clairement plus étiqueté Post-Metal, Salvation est Doom et Dra Till Helvete se connote d'une vision plus Sludge.
Comme sortie d'un premier album assez noir dont le nom ne laissait planer aucun doute, les Lillois propose un titre vif (Mah Song) où les guitares plus Stoner créent la lumière au fond du tunnel. Si dans ce cas-ci, on ne parlera pas d'espoir, ce final reste estimable et permet un retour à la réalité après un envoûtant K.O.. Son doux fade-out en guise de finale ouverte augmente l'envie d'entendre au plus vite la suite. Rendez-vous en 2017 avec un deuxième album ?

The Lumberjack Feedback
Neurosis
Cathedral
Gorguts
