Historiquement, ça se tient, et pas qu'un peu. Les Vikings ont en effet, dès le Xe siècle, exploré une partie des côtes canadiennes via le Groenland, les récits des sagas étant avérés par la suite via des fouilles notamment dans la région de Terre-Neuve. Talamyus, fils spirituels de Leif Erikson l'explorateur? Difficile à dire. D'Amon Amarth, peut-être un peu plus!
Car les Québécois n'ont pas grand chose à envier aux Européens quand il s'agit de balancer des hymnes à la gloire des dieux scandinaves. Ce Honour is Our Code, Death is the Reward (tout un programme), quatrième opus du groupe déjà, le prouve de fort belle manière.
Si la construction de l'album est un peu surprenante, concentrant les plus longs titres d'entrée de jeu pour finir sur des morceaux plus courts qui en perdent leur force de frappe, l'ensemble est un vrai manifeste viking. Avec tous les clichés que ça entraîne: le Valhalla, Loki, Odin, et même le désormais célèbre sacrifice de l'aigle de sang sont évoqués tout au long de l'album. Le tout en variant les ambiances, de pièces épiques parsemées de guitares acoustiques et de chant clair (particulièrement réussi, chose appréciable, comme sur l'excellent Jörmungand) à des brûlots de black mélodique (Blood Eagle, Bring the Weak to their Knees) qui font furieusement penser à une version black d'Amon Amarth. Ce qui, sans être aussi accrocheur, rend peut-être Talamyus un poil moins cliché et accessible que ces derniers.
Le tout a un charme fou, notamment cet enchaînement prenant au possible en milieu d'album, Halls of the Bravest Souls/Honour to Wotan (cette introduction!), 18 minutes qui passent comme cinq. C'est que Talamyus n'est jamais aussi bon que lorsqu'il pose son ambiance, ce qui rend la fin de l'écoute un peu frustrante, les deux titres conclusifs n'étant pas les plus inspirés. Sans jamais, pour autant, perdre cette réelle conviction dans le propos.
Amon Amarth et son Jomsviking devront frapper fort: Talamyus vient de sortir un recueil de contes scandinaves particulièrement percutant...
viking, black, thrash, canada

Amon Amarth