Deux ans plus tard, les Hellènes publient (enfin) Fragments of Creation, forts de premiers singles approchant chacun les 50 000 vues sur Youtube, sacré score pour un groupe sortant son premier album. Il faut dire que Sunburst a des arguments pour se faire une place au soleil.
Tout d'abord, une musique qui, si elle est évidemment dans une veine power/prog' assez classique, envoie tout de même du riff assez costaud, assez loin du son assez calibré FM de leurs compatriotes Firewind. Il faut dire que Gus Drax, le six-cordiste de Sunburst, a récemment rejoint les thrashers grecs de Suicidal Angels, rien que ça, et que ses riffs particulièrement burnés, si ils ne brillent ni par leur variété ni par leur originalité, ont le mérite d'être efficaces. Out of the World, qui ouvre l'album, vous en fera bien vite la démonstration. Sans parler du niveau technique bluffant du gaillard, qui balance des soli supersoniques sur à peu près chaque morceau (Symbol of Life, étourdissant), et a fortiori le long d'un titre instrumental taillé sur mesure. Après Gus G, la Grèce semble décidément avoir un faible pour les guitar hero (qui s'appellent Gus).
Ensuite, Sunburst, bien aidé par un chanteur qui évoque notamment Roy Khan (Kamelot) et module parfaitement, a l'art de proposer des mélodies accrocheuses. Difficile de résister à l'enchaînement des quatre premiers titres de l'album, vraies réussites, notamment ce Dementia mélancolique et très intelligemment composé. Le groupe a clairement compris que le futur du power metal se situait dans une approche moderne, comme peut en proposer un Nevermore, plutôt que régressive comme on peut en trouver à la pelle – en Allemagne notamment.
Toutefois, le tableau n'est évidemment pas tout rose. Le tout est en effet très homogène et les quelques tentatives d'aller « ailleurs » sont peu convaincantes, comme l'anecdotique ballade Lullaby ou le chant extrême de Break the Core. Pour un premier album, Sunburst se pose tout de même en bel espoir de la scène, fort d'une certaine expérience (le groupe compte déjà six ans d'existence) et de qualités techniques indéniables.

Behemoth
My Dying Bride
Pain
Firewind

Nevermore