Chronique


In Pieces

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8 titres - 64min
Sorti le 16-05-2016


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Jeudi 19 mai 2016

Quelques aficionados l'attendaient fébrilement depuis 3 ans ; les autres deviendront à n'en point douter des fans indéfectibles après avoir écouté le deuxième album de Oak Pantheon, jeune duo de Minneapolis.
Intitulé « In Pieces », l'opus, toujours auto-produit avec grand soin, continue à affermir le style du groupe tout en marquant une évidente progression dans la richesse des influences.
Un premier EP, « Void », paru en 2011, et surtout leur premier LP, « From a whisper » (2012) avaient suffi à faire comprendre qu'il fallait chercher une large et fertile filiation du côté d'Agalloch. Le groupe lui-même ne se lasse de revendiquer cette ascendance dans un grand nombre de discussions avec sa fan base.

Avec ce nouvel opus, Oak Pantheon agrémente son classique « progressive black métal » d'une identité « post métal » plus prégnante et lorgne davantage vers Deafheaven ; longues digressions guitare / bass / drums, mid-tempo (« Climb », « Enormity », « GodSon ») augmentées, alternativement, de la sombre voix de Tanner Swenson ou de celle de Sami Sati (les deux membres du groupe). Le travail sur les structures est plus impressionnant encore que sur « From a whisper » ; chaque titre est composé comme un tout. Ce tout jetant parfois des ponts (cf « Burden of growth » - « GodSon ») vers un autre tout !

Thématiquement, « In Pieces » donne dans le métaphysique classique : entre des atermoiements sur la fin des temps (« Day as a new day »), des angoisses sur la chute de Dieu (« Climb »), une troublante traversée du néant (« Float »), une hésitation entre l'infiniment grand et l'infiniment petit (« Climb » à nouveau où James Benson, le pote leader d'Amiensus, récite un monologue intriguant du film « l'homme qui rétrécit » de Jack Arnold (1957)), l'on croisera fantômes et cauchemars, troubles et angoisses (« GodSon »)...

Une cuvée 2016 qui fait montre d'une maîtrise exceptionnelle : maîtrise des rythmes et des ruptures, maîtrise technique et par dessus tout maîtrise absolue des intensités (les 11 minutes de « GodSon » sont une prouesse d'équilibre à cet égard). Les titres les plus longs ne sont jamais assez longs et, bien sûr, les titres plus courts sont beaucoup trop courts ; paradoxe de l’opulence!

D'aucun se demande déjà si Oak Pantheon ne vient pas de dépasser le maître originel, Agalloch.
Et s'ils avaient frappé plus fort que Deafheaven ?

Un grand album, d'une subtile richesse...

A écouter et commander sur bandcamp (https://oakpantheon.bandcamp.com/album/in-pieces).



Tags : Post Metal

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