Mise en situation. B L U S H est le successeur d’un premier EP du groupe gantois sorti en 2014, agréable mais pas vraiment inoubliable. Les choses prennent rapidement un aspect différent au lancement de ce premier véritable album car après une intro de quelques secondes, The Underneath (morceau déjà diffusé quelques mois avant la sortie de cet album) révèle instantanément l’évolution réalisée par le groupe au cours de ces deux ans. Sur une rythmique plutôt old-school-emo viennent se poser les cris de Jeroen Vranken, qui se distinguent par une espèce de double intensité genre « je crie puis certains mots je crie un peu plus fort ». Certaines mélodies se laissent peu à peu entendre dans sa voix pour accompagner les passages où la musique se veut plus calme encore. Et mélodiques surtout. Car dans The Underneath, la mélodie est omniprésente, soutenue par une batterie qui parvient à ne jamais s’emballer.
Nous avions eu la chance de pouvoir diffuser la vidéo de Youth en exclusivité chez Shoot Me Again et c’est donc avec une autre oreille que nous nous penchons sur ce morceau choisi pour être le premier ambassadeur de ce B L U S H. La voix plus retenue de Jeroen laisse apparaître plus de mélodies sur une musique toujours porteuse de mélancolie. Le groupe prouve même une certaine maturité en nous laissant découvrir des morceaux révélant chacun une identité propre et une approche différente. J’imagine assez le morceau Three AM devenir le deuxième single issu de cet album, tant le couplet à la batterie plus punk et le refrain en discrètes voix claires sur une musique plus aérienne font mouche dès la première écoute.
Au fil de l’album, Atlas explore curieusement ses extrémités en osant, sur Sleepers, des couplets en voix uniquement parlée pour repartir sur des cris déchirant dès le refrain suivant. Encore une fois, Atlas fait preuve d’un impressionnant sens de la mélodie et de la retenue. Car la constante de cet album est que sans la voix éructée de Jeroen, la musique pourrait se suffire à elle-même dans une dimension complètement différente. C’est le mélange des deux formules qui créent cette finalité digne de groupes de plusieurs années d’expérience discographique.
Il est difficile de deviner si Atlas a créé cette osmose de bout en bout ou s’ils ont pu parfaitement laisser mijoter leurs différentes influences, en utilisant un peu de La Dispute, quelques éléments de leurs aînés voisins de Reiziger, et le sens du « crowdsinging » de Being As An Ocean. Ce serait trop réducteur tant nombre de groupes s’y sont déjà essayé sans parvenir au quart de la qualité démontrée par le groupe sur ce B L U S H.

post hardcore gent

Atlas
La Dispute
