Avec la sortie de leur troisième LP, Trumpeting Ecstasy, l'on pouvait donc s'attendre à une nouvelle surprise « éditoriale » détonante. Et Full of Hell de prendre tout le monde à contre-pied... en rentrant dans les clous ! Finies les expérimentations en tous genres... Trumpeting Ecstasy est un album de grindcore. Point. Mais bord... de mer..., quel album ! Riffs implacables (Fractured Quartz), drums impeccables, vocaux imperturbables de Dylan Walker, valsant entre grunt et growl (The Cosmic Vein), le tout à une vitesse immensurable, entrecoupé de nombreux breaks salutaires (Gnawed Flesh). Et même si le concept parait légèrement galvaudé... disons-le : c'est une boucherie. Mais à y regarder de plus près, une boucherie annoncée par la sortie début 2016, de Amber Mote In The Black Vault, EP quatre titres de six (!) minutes d'un grindcore complètement habité.
Trumpeting Ecstasy est l'album de la synthèse des styles ; au fond, avec une telle discographie, après de telles expériences sonores, que pouvait encore tenter Full Of Hell sinon affirmer un style plus direct. S'éloignant progressivement des géniales digressions ralenties de leur deuxième album (Rudiments Of Mutilation), c'est en effet la cohérence des uppercuts qui marque cette troisième réalisation au fer rouge.
Kurt Ballou dispose toute cette violence aux bons niveaux, Nate Newton hurle sur le titre de clôture (At The Cauldron's Bottom), Aaron Turner gueule sur le très « death début 90's façon Suffocation », Crawling Back To God... Trumpeting Ecstasy ou la parabole du verre à moitié plein ; ici, point d'expérimentations sonores et trébuchantes mais un album de grindcore presque parfait. Cruel dilemme ? Pas vraiment. Car après tout, c'est le choix du groupe ; alors on se souviendra de l'audacieux passé, on jouira de ces vingt-trois minutes de présent et on frémira en imaginant le futur. La classe...
A ne pas louper sur scène le 13 juillet prochain au Kavka d'Anvers.
Grindcore.

Full of Hell
Merzbow
