Comme son nom l’indique, Ninja Tape est disponible en format cassette audio ainsi qu’en format numérique sur le bandcamp du groupe. Le format cassette audio ne manque pas d’originalité avec d’un côté l’écriture “smoke” en police de couleur verte, et de l’autre côté l’écriture “bomb” personnalisée dans la couleur de votre tortue ninja préférée. Un objet collector que les amateurs d’underground apprécieront à sa juste valeur.
Composée de sept pistes, la démo suinte l’art de rue. Le logo du groupe librement inspiré de celui de Run-DMC est au top, tandis que le visuel de l’album soigné mais très différent de ceux qui nous sont donnés de voir en général colle parfaitement à l’image de groupe alternatif.
Les titres présentent une structure globalement similaire avec des couplets à l’accent léger et des refrains qui vous embarquent dans un tourbillon d’énergie –on se réjouit de voir l'impact en live.
La voix d’Arnaud qui répond aux codes du hip-hop descend dans les graves de façon plaisante dans les refrains, ce qui injecte de la brutalité aux compositions. Le contraste avec les couplets est intéressant. Le chant clair dans les couplets auraient pu être moins haché ; on a parfois l’impression qu’Arnaud en joue un peu trop. L’excellence des passages où plusieurs voix entrent en action nous conforte dans notre position.
La variété des genres offertes donne le tournis : rapcore, metal pur jus –la guitare et Pierre et la basse de Tan font fort à ce niveau, hardcore et punk s’entrechoquent de façon harmonieuse. Cette richesse constitue probablement le point d’orgue de cette démo.
La qualité d’enregistrement pose question. Le son ne brille pas de part sa clarté, il est quelque peu caverneux. Le côté positif de la situation est que la coloration art de rue de la démo s’en retrouve renforcée. On s’imagine aisément Ninja Tape jouer au coin d’une rue ou dans un bâtiment abandonné, ce qui n’est pas déplaisant. En définitive, le choix de la qualité d’enregistrement que Smokebomb souhaite afficher pour ses productions ne repose que dans les mains des membres du groupe, mais la question a le mérité d’être posée.
Au rayon des choix qui posent question, sans pour autant être critiquable, on peut également épingler le jeu de batterie. Les percussions s’assimilent à des frappes sur un tonneau métallique. Cet effet particulier s’explique, d’après les explications données par les membres de Smokebomb, par l’absence de timbre associée à des frappes lourdes dans le but de se rapprocher de sonorités punk. L’effet fonctionne à merveille sur Smokebomb, titre à la rythmique plus lente, mais est davantage discutable lorsque le rythme s’accélère.
Ninja Tape constitue un très bon départ pour les combattants de l’alternatif de Smokebomb. Le vécu ancré dans l’art urbain et des goûts musicaux éclectiques devraient leur permettre de s’inscrire dans la durée, à condition d’adopter des choix judicieux dans le son produit –tant en termes de chant, de jeux instrumentaux que d’enregistrement des futures compositions. La suite au projet numéro, cowabunga !
Smokebomb - Ninja Tape - Rapcore - Hardcore - Punk

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