Depuis le premier album The Stings Of Conscience (2001), Uneartha mené sa barque en se démarquant de ses semblables principalement par la brutalité omniprésente sur l’ensemble de leurs productions. Sur l’échiquier du metalcore, vous pouvez mettre à un extrême les groupes mielleux -tout le monde salue Asking Alexandria ou The Amity Affliction- et à l’autre extrême, seul sur son île déserte, Unearth. Le descriptif est légèrement caricatural, mais il est indéniable qu’Unearth est le porte-étendard du metalcore brutal. Après avoir disparu des radars durant quelque temps, le collectif né dans l’Etat du Massachusetts débarque sans coup férir avec Extinctions (2018), septième album à inscrire à leur tableau de chasse, pour clôturer l’année en force.
Epaulé par Will Putney –Body Count, Thy Art Is Murder, Pig Destroyeretc.- en charge de la production du nouveau né, le groupe n’est visiblement toujours pas près à réaliser des concessions pour adoucir sa musique. La production est au top, inutile de s’étendre plus longtemps sur le sujet.
Les bostonnais nous offre leur vision d’un monde en phase de désintégration, comme l’illustre le visuel d’Extinctions. Même en mordant la poussière –Dust ou Cultivation of Infection, ils se tiennent debout en cherchant une échappatoire qui leur est propre –Survivalist, et clôture le voyage par une explosion sonore enveloppée de cris puissants –One With the Sun. L'album s'inscrit dans le présent et trouve une caisse de résonance dans les débats récurrents sur les changements climatiques et leurs impacts sur la survie de la terre.
Au-delà de la force brutale qu’on retrouve à l’accoutumée sur leurs productions, Unearthreste fidèle à la recette qui a fait sa renommée en incluant de nombreux breakdowns. Ces derniers, dont la technicité n’a d’égal que la diversité affichée, calment en quelques sortes la déferlante de violence qui s’abat sur l’auditeur, avant de repartir de plus belle, tout en donnant du corps aux compositions –Dust en est la parfaite illustration. Les riffs, qui cumulent technique, rapidité d’exécution et variation, sont monstrueux et ne manqueront pas de vous marquer.
Revers de la médaille, la structure des pistes demeure prévisible. On assiste à une alternance constante entre breakdowns et parties mélodiques. A défaut d’être originales, ces structures dont l’efficacité n’est plus à démontrer plairont aux fans du groupe. Ces derniers remarqueront néanmoins sur plusieurs titres l’absence d’éléments de death metal qui assurent l’effet de saleté, de gras si particulier à Unearth ; c’est notamment le cas avec The Hung Begins ou Hard Lined Downfall.
Avec Extinctions, Unearth a décidé d’assurer le fan-service et de se faire plaisir. Les personnes allergiques au metalcore teinté de sonorités claires seront sous le charme tandis que les autres sont invités à passer leur chemin. Nous, de notre côté, nous profitons de cette plongée dans le monde de la violence et des breakdowns conçus pour se déboiter les cervicales.
Unearth - Extinctions - Metalcore - Massachusetts

As I Lay Dying
Bleed from Within

Parkway Drive



